Remi Chapeaublanc | Photographer

nuit

Première étape, Paris -> Bruxelles

Et me voici arrivé à Bruxelles, chez mon ami Veuch, une première étape sans encombres.

Depart Paris Bruxelles

Bien que ce voyage soit sans étapes prédéfinies, je trouvais rassurant pour la première journée d’avoir un point de chute en cas de soucis de dernière minute.

Première surprise au départ, hier midi : LE POIDS ! Dans la précipitation du départ, je n’avais jamais eu l’occasion de tester le chargement de la moto. J’étais d’ailleurs dans un dilemme à vouloir emmener tout le matériel photo dont j’aurais besoin et faire en sorte que la moto soit la plus légère possible pour les pistes mongoles. Au final, c’est le matériel qui a gagné, je suis largement surchargé ! J’envisage de refaire un tri dans ce que j’ai pris, car il va falloir que je m’allège au maximum.

Au vu du poids de mon camping-moto d’environ… 330 kg ? J’ai décidé de ne pas prendre l’autoroute de d’y aller vraiment doucement pour cette première étape. Moi qui pensais mettre 3h30 pour rejoindre Bruxelles et me reposer en fin d’après midi. J’ai finalement roulé pendant 6h, avalant d’une traite mes premiers 350km.

La moto est finalement très stable avec son chargement, même à haute vitesse. Il faut juste faire très attention aux manoeuvres à l’arrêt et aux (putain de) vents latéraux… ma plus grosse angoisse lorsque je double un camion.

Je voulais éviter au maximum de rouler de nuit, mais là il fallait bien que j’atteigne Bruxelles pour pouvoir m’arrêter. Du coup il a très vite fait un peu frisquet. J’ai même eu envie d’allumer mes poignées chauffante ! Mais une petite voix m’a dit : « Franchement, si Monsieur Chapeaublanc allume déjà ses poignées chauffantes, alors qu’on est encore en France, en plein mois de septembre, mais que va devenir le monde ? » Du coup je me suis refusé cette petite gâterie, rien que pour vous, pour protéger l’équilibre planétaire.

Résultat : un chargement de la moto dans l’urgence, un trajet qui me prend 2 fois plus de temps et besoin d’une bonne nuit de sommeil… j’ai décidé de rester une journée de plus chez Veuch à Bruxelles, d’où je vous écris ces quelques lignes.

Programme de la journée : aller faire quelques courses, écrire et re-optimiser mon chargement.

See you. o//

Humeur du soir

Filmé avec une caméra GoPro. Musique « Voodoo People » de Prodigy.

Certaines séquences de cette vidéo ont été accélérées. N’appelez pas les gendarmes, ceci n’est pas ma vitesse réelle. Barbara ne dépasse que rarement les 320 km/h.

La prostitution au Népal

J’ai classé cette note dans “Anecdotes”, j’en suis désolé, je n’avais pas prévu de catégorie “Catastrophes”.

Les différents guides touristiques, parlent d’une prostitution “discrète” mais présente, dont le touriste ne verra pas réellement l’existence. Le principal problème ici étant les népalaises qui partent se prostituer dans les bordels indiens et qui reviennent séropositives, tout en étant rejetés par leurs familles.

Dès mon arrivée déjà, l’un des nombreux rabatteurs de Katmandou m’a dit sans gènes :

Do you need, trecking guide ? Hash ? Young girl ?

Mais c’est hier soir, alors que je rentrais à mon hôtel vers 23h – petite précision, les népalais se couchent très tôt, Katmandou est désert comme une ville de western dès 22h – que j’ai été électrochoqué :

Un petit garçon, habillé correctement, d’environ 9-10 ans, s’avance vers moi avec un grand sourire. La rue est déserte, étrange sensation de voir ce garçon qui ne colle pas avec le décors, me dire avec un anglais parfaitement fluide :

Hello, do you want a special massage ?

Thorung-La pendant le nouvel an 2067

Ce n’était pas prévu au départ, mais notre planning a forcé le destin : nous avons passé Thorung La le matin de la nouvelle année népalaise. Nous sommes maintenant en 2067.

Pour l’étape de la passe, la plupart des guides conseillent de dormir à Thorung Phedi (4500m) et pour les plus courageux de monter jusqu’au High Camp (4900m). Ayant déjà été habitué à l’altitude avec la montée au Tilicho Lake, nous avons décidé avec Santos de monter jusqu’à la dernière lodge avant la passe, une petite maison isolée, située à 5070m d’altitude.

Le passage de Thorung La

Le passage de Thorung La

Nous étions les seuls, avec le gérant et le garçon de thé de la passe. Nous avons passé la soirée à jouer aux cartes, au gorum et aux Goats & Tigers ; pendant que la neige tombait.

Le passage de Thorung La-2

Le passage de Thorung La-2

-15°C dehors, une nuit emmitouflé dans 2 couches de vêtements en plus du duvet, départ à 6h du matin avec les porteurs. **

L’ascension fut longue, surtout à cause de mon sac de 24kg, alors qu’il est conseillé de ne pas porter plus de 12-13kg par personne (les porteurs sont chargés jusqu’à 50kg !!!). Mais après 1h30 de marche en mode ralenti, j’y suis arrivé… bien essoufflé.

Le passage de Thorung La-3

Le passage de Thorung La-3

Je ne pouvais pas couper à la traditionnelle photo devant la plaque… avant de prendre un thé et déguster la barre de mars (glacé), offerte par Santos pour fêter ça.

Et si je repartais pour 4, 5 ou 6 jours ?

Maintenant que j’ai avec mon bébé au complet, je me suis dit qu’il ne serait pas inintéressant de retourner sur les traces de mes anciennes excursions, là où il m’avait manqué…

Me voici reparti pour quelques jours, à travers les montagnes de la vallée de Katmandou. A vrais dire, j’ai bien pris mon ordinateur avec moi, mais c’est qu’aujourd’hui (samedi 13 mars) que je l’ouvre pour la première fois depuis 4 jours. Est-ce un signe que j’éprouve de moins en moins le besoin d’écrire ?

Revenir sur mes traces, c’était immanquablement revoir la famille de Santos, retourner à Nagarkot et pourquoi pas me refaire les dures montés du treck d’Helambou (cette fois-ci chargé comme une mule).

J’ai fait pas mal de choses pendant ces 4 jours, mais n’aimant pas trop écrire au passé, je vais plutôt vous livrer quelques anecdotes en vrac.

  • J’ai vu un gamin se coiffer (coupe en brosse ^^) et se graisser les cheveux avec de l’huile de cuisine. Je lui ai décoché un grand sourire, nous qui faisons la guerre aux cheveux gras…
  • J’arrive enfin à manger le Dal Bhat (grande assiette de riz avec une soupe aux lentilles, régulièrement accompagné de divers légumes) avec les mains, sans trop en mettre partout.
  • J’ai rencontré des militaires qui testaient le nouveau camouflage “buisson ambulant”
camouflage buisson

camouflage buisson

(…)

(…)

  • Ce n’était pas des militaires
camouflage buisson-2

camouflage buisson-2

  • Si je continue les marches à ce rythme, je vais bientôt avoir des cuisses et des fesses en béton armé, certifié ISO 9001.
  • Les népalais mangent très salé, très sucré et TRES chaud… je me brule à chaque fois que je commence le thé (ou tout autre chose) en même temps qu’eux.
  • La plupart des bus et camions sont fabriqués par une marque qui s’appelle TATA et un grand-père que j’ai rencontré se faisait appeler Mémé… Mais que fait la police ?
  • Aujourd’hui, j’ai fait la plus grosse marche, 7h30 avec 1h de pause à midi. A mon point d’arrivée, je découvre un panneau d’information (très rare ici) pile poil sur le trajet que je viens d’effectuer (c’est sur, dieu essaye de me faire un signe). Il est marqué qu’il faut compter 7h (YEAHAA !!! j’ai mis 30min de moins, avec 22kg sur le dos !) et que ça représente 18km… (là je pleure, je n’ai même pas atteint les 3km/h).

Aujourd’hui, vers la fin de cette (longue) journée, je rencontre 2 VTT (enfin les cyclistes, je n’en suis pas encore à parler aux vélos) qui allaient dans le même village, où je comptais planter ma tente. Ils me conseillent plutôt de dormir en lodge (petits hôtels/restaurants présents sur les chemins de treck). Moi qui voulait faire budget réduit, je demande tout de même le prix “pour voir”, de toute façon je n’ai plus de nourriture avec moi.

60 centimes d’euros pour la nuit, avec en prime de l’eau chaude pour la douche. Hum… Je vais peu-être changer mes plans concernant l’utilisation de ma tente… Bon certes la chambre ressemble plus à une cellule de prison qu’à une chambre d’hôtel. Mais mince, un matelas, des murs et UNE DOUCHE CHAUDE pour 60 centimes !!! (à titre de comparaison, je paye ma chambre à Katmandou 5€ par nuit)

Sur ce, bonne nuit, une dure journée m’attends demain.

Bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo

Deuxième jour de marche, avec la nuit prévue à Kutumsang, j’arrive (épuisé) au sommet d’un plateau, sur une petite ferme/maison. Immédiatement accueillis avec un grand sourire, on me demande si je veux pas un Coca, un thé, ou bien une chambre pour la nuit.

Je me pose 5 minutes, remercie poliment, et reprend ma route. Mais une scène assez magique, m’interdit de continuer, et m’oblige à poser le sac à terre pour faire quelques photos **. Immédiatement les habitants de la maison reviennent vers moi et me reproposent leur hospitalité, prétextant que j’ai l’air fatigué.

Bon, il est vrai que je suis fatigué, le soleil se couche dans deux heures, j’ai encore une bonne heure de marche, l’endroit est magnifique… je réfléchis.

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo-2

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo-2

Et pourquoi je ne leur demanderais pas de poser ma tente ici sur le plateau ? Je pourrais juste manger avec eux et payer le repas. Marché conclus, je reste.

Je pose mon sac, pour tout de suite aller boire le thé dans la maison.

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo-3

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo-3

Lakpa, celui qui se présente comme le maitre des lieux, est en fait le petit frère de Kinjo, qui lui a confié sa femme et ses enfants (Nima, Shilling et Sangay), pendant son voyage à Katmandou, mais en fait la maison est à son Oncle qui… après je n’ai plus tout compris, surtout lorsque le grand-père est arrivé dans l’histoire.

Ils n’ont rien voulu que je paye, j’étais leur invité en ayant passé toute la soirée avec eux. Impossible même de planter ma tente dehors, un lit avait été préparé pour moi.

Le dernier Tsaatan