Rémi Chapeaublanc | Photographe

My Life

Paré au départ !

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Les 3 jours de repos/tournage prennent fin, et ce n’est pas sans impatience que nous préparons le départ avec les chiens. L’objectif : traverser le lac Khuvsgul du sud au nord (180 km) en 4 jours, puis de redescendre (chargé de poissons) jusqu’à Hatgal, soit 9 jours sur la glace.

A l’heure où  j’écris ces quelques lignes, nous sommes en train de préparer les traineaux, réfléchir aux fixations des caméras, rassembler les affaires, et pour ma part : contenir mon excitation.

J’avoue tout de même avoir un poil d’appréhension, car je vais devoir faire face à des conditions de prises de vues que je n’ai jamais encore testées, avec une marge de manoeuvre somme toute assez faible. Le froid, la glace, les chiens, l’absence d’électricité, la vitesse des traineaux… Bref, j’essaye de me rassurer en me disant que le matos ne m’a jamais lâché, que le physique devrait suivre aussi et que Joël est un musher hors pair.

L’excitation elle, outre le fait qu’on est au milieu de la Mongolie avec des chiens, provient surtout du fait que je suis en train de réaliser un véritable rêve de gosse.
Et je me dis, qui sait ? Peut-être qu’un jour ce sera une traversée du Groënland en solitaire ?

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Présentation de l’équipe Ural

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L'équipe Ural

Je vous en parlais dans le précédent article, voici l’équipe « ural » pour le trajet d’Oulan Bator à Hatgal.

Laissez-moi vous les présenter, de gauche à droite :

  • Benoit, mon frère
  • le mécano, alias Monsieur Ural
  • moi-même
  • Hin Ké, le chauffeur du fourgon
  • Shingun, le guide/traducteur

Nous sommes arrivés entiers à Hatgal

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Arrivé à Hatgal

Ce ne fut pas sans peine – et quelques frayeurs – que nous avons fait la route d’Oulan Bator à Hatgal !

A l’origine, nous avions prévu de faire la route seuls avec mon frère et une Ural. Mais pour des questions de logistique du film (j’avais besoin de plans extérieurs) nous avons vite choisi l’option de partir à deux Ural accompagnés d’un guide/traducteur/conducteur.

Dès notre arrivée à Oulan Bator, Joël (notre musher et chef logistique) décide de nous mettre un mécano en plus dans l’équipe, pour pallier à la fiabilité légendaire des Ural 650. Puis, la veille du départ, le mécano en question décide de prendre une “troisième” Ural semi-fonctionnelle avec nous, pour avoir des pièces de rechange. Qui dit prendre une troisième moto non roulante, dit aussi prendre un fourgon et un chauffeur pour la transporter. Du petit trip avec mon frère on passait à une équipe de 5 personnes, 3 motos et un petit fourgon plateau.

Au début j’avoue avoir été un peu mitigé sur cette nouvelle équipe, mais l’expérience m’a montré qu’il fallait faire confiance aux “locaux” qui connaissent bien mieux que toi les conditions que tu vas affronter. Expérience qui s’est encore vérifiée : nous n’aurions jamais pu arriver entiers avec mon frère jusqu’à Hatgal avec une seule moto.

En 850 km et 5 jours de route, nous avons au total écumé :

  • un joint de culasse
  • 5 rupteurs d’allumage
  • un roulement de roue
  • un accident (roue et fourche pliées)
  • un robinet d’essence
  • un réservoir percé
  • 2 fusibles (enfin… 2 fils de cuivre fondus)
  • un moyeu de roue pour le fourgon
  • 3 alternateurs
  • un régulateur de courant
  • une boite de vitesse
  • 2 pannes d’essence
  • 180 litres d’essence (juste pour les 2 motos roulantes)
  • 10 litres d’huile 5W40
  • 1 litre d’huile de boite

Autant vous dire que le voyage fut assez funky ! Je pense – sans exagérer – que nous avons passé autant de temps sur le bord de la route à réparer les motos, qu’à les faire rouler !

Pour des questions de moral et de sécurité, nous avons donc décidé de repousser le tournage du film, et d’arriver le plus vite possible à Hatgal où nous attendait Joël et son équipe. Nous y sommes arrivés hier soir en seulement 5 jours (au lieu des 8 prévus initialement), pas mécontent de pouvoir se reposer un peu !
Maintenant commence donc la partie tournage profitant des 3 jours d’avance accumulés, directement ici dans la région du lac Khuvsgul, avant de repartir sur le lac avec les chiens et les traineaux.

Une Ural, c’est quoi ?

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Conduire une Ural

Je vous vois plisser les yeux, lorsque je parle de cet étrange véhicule. Ça oui alors ! Mais dis moi Jamy, c’est quoi une Ural ?

Ural, c’est une marque de motos Russes qui date du début de la seconde guerre mondiale. Certains disent que les Russes se sont “inspirés” de la mécanique des BMW pour en faire une moto plus adaptée aux rudes conditions de la Sibérie, d’autres diront qu’ils ont lâchement volé puis copié BMW pour en faire une moto fiable et pas chère pour son armée.
Ne rentrons pas dans ce débat, accordons-nous juste sur le fait que c’est une moto qui ressemble aux anciennes BMW série R. (comme Milmoto, oh quelle coïncidence !)

Personnellement, je dirais plutôt que c’est un tas de ferraille pas trop mal conçu, et habité d’un petit démon capricieux. Oui, cette “chose” est belle et bien vivante !

La grande particularité des Ural, c’est qu’on ne les voit jamais sans leur fidèle side-car. En effet, rares sont ceux qui la dépouilleraient de ce dernier, vu qu’il est vendu en série et c’est là tout son avantage !

Quand je vous disais que cette “chose” était vivante, je parlais bien de la belle et de son panier, qui ont la fâcheuse habitude de ne pas très bien s’entendre. Lorsque l’un veut aller à droite, l’autre n’est pas toujours du même avis… Résultat ? Lorsque l’on freine : l’ensemble vire furieusement vers la gauche (entrainé par le poids du side), et lorsque l’on accélère : on se laisse entrainer par la droite. Le tout couronné par une roue directrice qui n’en fait qu’à sa tête, ou du moins qui fait ce qu’elle peut…

Et là encore, je ne vous parle que de son comportement sur le plat… imaginez ce monstre dans un dévers ! Vous avez intérêt à bien choisir dans quel sens le prendre, ou bien je vous laisser imaginer les dégâts.

Mais pourquoi diantre conduire un engin pareil me direz-vous ? Malgré ses gros défauts, elle a plusieurs avantages, comme le fait de se tenir droite sur de la glace, de pouvoir transporter moult matériel et d’être réputée fiable et incassable (lorsqu’elle est bien entretenue, ce qui n’est pas du tout le cas des nôtres, je vous rassure). Dernier point, ça se conduit à peu près comme un tracteur.

Alors, vous venez faire un tour avec nous ?

Conduire une Ural-1

Conduire une Ural-3

Conduire une Ural-4

Les partenaires du film et de l’aventure

Les partenaires

Pour mettre sur pied ce projet, de nombreux partenaires ont répondu présent ! Laissez-moi vous les présenter :

  • Wind of Mongolia, nous fournissent la logistique sur place et nous accompagnent sur l’ensemble du projet, notamment avec l’aide de Joël (notre musher) sans qui rien n’aurait été possible.
  • Grand Froid, m’ont entièrement rhabillé de la tête au pied !
  • Sony Alpha & Sony ActionCam, nous prêtent du matériel photo et vidéo pour la prise de vue.
  • Pagnol Moto, me fournissent leur superbe veste M1.
  • Bike Exif, nous prêtent main forte pour la production du film.
  • Cartoni, Shape & Atomos, nous ont permis de s’équiper en accessoires vidéos à moindre frais.
  • M2VIDEO, nous a prêté des tablettes pour le pilotage du drone.

Je tiens donc à remercier personnellement chacun de ces partenaires, qui m’aident grandement pour réaliser ce genre de projets.

Khuvsgul, présentation de cette nouvelle expédition

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Essai des Urals

Khuvsgul c’est le nom d’un lac au nord de la Mongolie, le petit frère du lac Baïkal parait-il. Région des lacs les plus vieux du monde, cette région du globe est surtout connue pour ses températures. Jusqu’à -50°C en plein hiver, de quoi recréer une banquise digne de l’Antarctique, mais surtout de quoi proposer de véritables autoroutes pour les camions et véhicules du coin. (Rouler sur la glace est 72 fois plus agréable que de rouler sur les pistes défoncées qui contournent le lac)

Pour moi ce sera l’occasion de réaliser un rêve de petit garçon : traverser ce lac avec 6 chiens et un traineau. Mais je n’y vais pas seul, je vais faire ce voyage avec mon frère pour y tourner un film personnel. Un film pour rendre hommage à quelqu’un, mais je n’en dévoilerais pas plus pour le moment car comme dit le proverbe : « Il ne faut pas vendre la peau de l’ours. Ah ça non… il ne faut pas la vendre !« .

Monter jusqu’au lac en bus ou en avion aurait été beaucoup trop ennuyant. Avec Benoit (mon frère) nous avons décidé d’y aller à l’ancienne et à la mongole. Alors quoi de mieux que de vieux side-car russes de l’époque soviétique ? Et oui, je parle bien des Urals, dans leurs jus et leur maniabilité d’origine !

Il ne nous reste plus qu’à enrouler les panneaux solaires, enfiler nos moufles et mettre des BN dans notre poche à goûter, et en avant l’aventure ! Nous avons 10 jours pour retrouver les chiens, qui nous attendent à Hatgal.

Si vous voulez suivre l’aventure en live, mon tracker GPS devrait vous indiquer en temps réel où nous en sommes : rendez-vous dans la partie ROAD-TRIP du site.

Comme d’habitude, je vais essayer de vous faire vivre cette aventure le plus intensément possible. Je mettrais ce blog à chaque point WiFi trouvé sur la route. Vous pouvez aussi aller voir du côté de mon compte Instagram, qui sera mis à jour assez régulièrement.

A très vite, et plein d’amour sur vos têtes.

#GoToScotland ou Pourquoi j’aime tant voyager à moto

#GoToScotland

Heure du départ. Le bourdonnement sourd et régulier des pots d’échappement — moteur au ralenti — résonne dans mon crâne comme les berceuses de mon enfance. Je léve les yeux — Milmoto déjà frémis d’impatience entre mes jambes — et je me dis que c’est pour ça que j’aime tant voyager à moto.

#GoToScotland

Contrairement à la voiture, au train, ou à l’avion, je suis en contact direct avec mon environnment lorsque je voyage à moto. Enfermé dans une boite métallique, regardant le paysage défiler comme sur un écran de télévision, ce mode de voyage est aux antipodes de l’immersion que je vis à moto, le visage fouetté par le vent, en contact direct avec les odeurs, la température, l’humidité, à la merci de la pluie, des bourrasques de vent, réchauffé par le moindre rayon de soleil. J’y ressens tout de manière plus intense.

#GoToScotland

Voyager à moto, c’est choisir à quelle vitesse je veux découvrir ma route. De la courte balade aux arrêts rythmés par mes envies de photos, à la longue étape – parfois jusqu’à 900 km – m’amenant d’un bout à l’autre du continent en seulement quelques jours, je choisis le rythme qui me correspond, adaptant ma vitesse aux envies, aux impératifs et à la découverte que mon corps me réclame.

#GoToScotland

Avec seulement 74 cm de large et 188 kg propulsée par 60 chevaux, Milmoto ne recule devant rien. A l’assaut de petits sentiers boueux et caillouteux, elle a atteint des sommets que je n’aurais jamais envisagé gravir à vélo ou en 4×4. Sa souplesse et son agilité ne l’empêchent pas de dérouler les interminables kilomètres à 130 km/h sur l’autoroute. Je me demande encore si j’aurais pû trouver une compagne plus polyvalente (et avec autant de classe !).

#GoToScotland

Lorsque je voyage à moto, j’emmène tout ce dont j’ai besoin, et ne laisse jamais aucune trace derrière moi. Je me sens libre et nomade ; l’enseignement mongol n’y est probablement pas pour rien. Totalement autonome, je n’ai besoin de me ravitailler qu’en essence et en nourriture tous les deux jours. Cette sensation de liberté me parait tellement salvatrice dans un monde où nos obligations tendent à nous enfermer et nous contraindre, que je ne l’échangerais pour rien au monde.

#GoToScotland

En selle, je ne suis dépendant de personne et d’aucun horaire. Heure de départ, d’arrivée, destination, je ne dépends — et ne suis responsable — que de la mécanique de Milmoto, elle-même dépendante de l’attention que je lui porte. La boucle est bouclée : elle sera encore capable de faire 2 fois le tour du monde si j’entretiens bien cette moto purement mécanique, 0% électronique. Et sachant qu’aujourd’hui je suis capable de réparer 90% de ses pannes, mon indépendance augmente proportionnellement à mes compétences et ma responsabilité envers Milmoto, qui ne cessent de grandir. Parfait, j’aime être responsable, compétent et indépendant.

#GoToScotland

VOILA

#GoToScotland

POURQUOI

#GoToScotland

J’AIME TANT

#GoToScotland

VOYAGER

#GoToScotland

A MOTO.

Storytelling Mongol – 2nd édition

IL y a 2 ans, vous m’aviez mis dans un état d’hilarité très avancé, avec vos propositions de Storytelling !
(les commentaires sont à lire et à relire…)

Je vous propose donc une seconde édition, toujours sur le même principe : racontez-moi ce qui se cache derrière cette photo !

Storytelling Mongol

Vu que je dois rapporter de petits cadeaux pour certaines personnes, celui qui me fera le plus rire aura lui aussi droit à un petit souvenir de Mongolie. A vos plumes !

A la demande générale : la voie lactée en Mongolie

Après plusieurs demandes — à propos de mes photos de voie lactée prisent sous le ciel mongol — voici deux fichiers HD pour ceux qui voudraient en faire des fonds d’écrans.

Si vous comptez les utilisez sur des supports publiques, merci d’y mettre une mention de copyright. Merci d’avance :)

Voie lactée en Mongolie par Rémi Chapeaublanc 2

Voie lactée en Mongolie par Rémi Chapeaublanc

Night & Felt, ma nouvelle série photo sur la fabrication du feutre

Night & Felt est une série de 11 photos, réalisée en partenariat avec Out of Nowhere, la Union of Mongolian Artists et l’Alliance française de Mongolie.

Ce travail quasiment théâtrale, tente de mettre en lumière les coutumes et gestes de la fabrication traditionnelle du feutre en Mongolie. Ces méthodes ne sont plus utilisées que dans de rares familles, qui dans l’ombre de la modernité tentent de conserver la mémoire des mains.

Cette série photo a été réalisée avec un Sony A7r et un flash Profoto AcuteB2.

Night and Felt #01

Night and Felt #03

Night and Felt #02

Night and Felt #04

Night and Felt #05

Night and Felt #06

Night and Felt #07

Night and Felt #08

Night and Felt #09

Night and Felt #10

Night and Felt #11