Rémi Chapeaublanc | Photographe

My Life

Controverse intrinsèque #NSFW

Controverse

Partir ou rester ?
Homo ou hétéro ?
Continuer ou recommencer ?

Je n’ai jamais vraiment réussi à choisir, du coup je préfère tout essayer.

Des excuses et autres remises en question

Hier soir, je me suis clashé sur Twitter.
Ce fut dur, violent et agressif… alors que la volonté première était l’exact opposé. Mais comment diable en est-on arrivé là ?

L’erreur elle est là, quelques heures plus tôt et 6 tweets plus tard :

Origine du clash Twitter
(à lire en chronologie inverse, évidemment)

Mon idée, de départ était de faire partager mon expérience et ma prise de conscience : Ce n’est pas parce que je ne suis en accord avec certaines méthodes, de certaines personne, d’un groupe, que je ne peux pas m’identifier à ce groupe si j’en partage les mêmes objectifs. Et ensuite j’ai dérapé. J’ai fait exactement ce que je reprochais à ces dites méthodes : braquer mon interlocuteur. Et oui – pas très malin le Rémi – 1h du matin et pas mal de fatigue, j’ai critiqué les gens qui critiquent.

Alors qu’au final j’aurais dû dire « Pour mener à bien mon combat féministe, je vais essayer de ne pas braquer les gens en face de moi » pour faire passer la même idée, sans critiquer personne.
Je n’aurais pas dû critiquer une méthode utilisée par certaines féministes, mais proposer la mienne. Je n’aurais pas dû généraliser en parlant « des féministes » alors que mon propos était un cas particulier. Je n’aurais pas dû être passif-agressif en masquant un reproche derrière un conseil.

Mon reproche a évidemment été très mal pris (ce que je comprend) et de déformations en incompréhension, on m’a reproché de ne pas comprendre la colère des femmes. Je suis vraiment navré que le débat ce soit noyé dans les méandres de Twitter, mais ce n’est absolument ni ce que je pense, ni ce que je pense avoir dit. Au contraire, je comprends parfaitement pourquoi les femmes sont en colère face au sexisme omniprésent. Je n’ai jamais voulu remettre en cause cette colère, qui est – je crois – parfaitement justifiée. Cependant, de mon expérience personnelle j’ai appris que la colère ne réglait rien. Au mieux ça provoquait de l’indifférence, au pire cela aggravait la situation en braquant tout le monde. Je ne parle pas ici de combat féminisme, je parle bien ici de mes maigres 30 années d’expériences personnelles. En effet, la colère braque. Et si le combat féministe est bien dans une volonté de provoquer une remise en question des hommes, je pense que les braquer ralentis – ou pire empêche – ce processus de remise en question.
Mais plus important que tout ça, même si n’avons pas la même façon de faire, l’important est que nous ayons le même but : faire disparaître l’inégalité Homme/Femme.

Je vous passe le détail du clash, qui a rameté beaucoup de monde et était plutôt stérile, étant donné que personne n’a fait changé d’avis personne ; un classique sur Twitter.

Certains me rétorquerons peut-être : « Oui mais tu vois, hier soir elles t’ont braquée, et aujourd’hui tu te remets en question ! Elles avaient donc raison de le faire. »
Hélas, je pense que non. Hier soir je me suis braqué, et malgré des excuses sincères, je n’étais pas du tout dans un processus de remise en question. Il a fallu que Ortie, Sarah et d’autres, m’expliquent calmement, et de manière non agressive, en quoi j’avais merdé, pour que je puisse enfin entamer un processus de remise en question. Et ainsi comprendre ce qu’il fallait que je change dans ma manière de faire. Je les en remercie, beaucoup.

Alors oui, hier soir j’ai merdé et j’aimerais présenter de nouveau mes excuses.
J’aimerais m’excuser d’avoir pris une position de donneur de leçon, alors que ce n’était clairement pas mon rôle.
J’aimerais m’excuser d’avoir été agressif dans un débat, où j’avais l’impression qu’on déformait mes propos et mes pensées.
J’aimerais m’excuser d’avoir généralisé un message sur les féministes, alors qu’il ne concernait qu’une méthode.
J’aimerais m’excuser d’avoir pris Dwam comme exemple parce que je jugeais ses méthodes agressives. Je n’avais en aucun cas à me poser comme juge, ni à la prendre comme exemple.
J’aimerais m’excuser si mon message a été perçu comme « Votre colère n’est pas légitime » alors que je pense l’inverse.
J’aimerais m’excuser si mon message a été perçu comme « Je suis un homme alors je vais vous dire ce qu’il faut faire » alors que je voulais partager une expérience personnelle sur la colère, et non une opposition homme/femme.
J’aimerais m’excuser d’avoir foiré mon message premier, qui n’était que partage d’expérience et positivisme.

Le petit garage de Slovénie

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Et pour compléter l’article d’hier, des photos faites par Ortie, pendant que je scrutais les gestes méticuleux de ce « Papy BM ».

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Remorquage et autres mésaventures

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Avant hier nous étions en train de rouler sur les routes de Croatie — mains totalement gelées — dans la direction de Ljubljana. Lorsque la moto commença à toussoter, je me suis dit qu’un peu d’eau s’était peut être infiltrée dans le réservoir. Mais en roulant le phénomène ne faisait que s’empirer, jusqu’à parfois arrêter totalement le moteur, pour ensuite repartir. Nous avons pu tout de même arriver jusqu’à la prochaine station d’essence, où nous nous comptions de toute manière nous arrêter pour réchauffer nos mains.

Après une vérification des bougies, le diagnostique fut assez rapide : il n’y avait plus d’allumage. Ni une ni deux, je démonte le carter avant pour voir ce qui ne va pas. Et là, je découvre avec horreur, une boue couleur rouille couler du bloc d’allumage. De la neige salée avait réussie à s’infiltrer dans le moteur, et avait gentiment stagné ici, jusqu’à ronger complètement le ressort du rupteur. Plus de ressort, plus de contact. Plus de contact, plus d’allumage. Plus d’allumage, plus d’explosion. C’est ballot pour un moteur à explosion.

La pièce était tellement rongée, qu’une partie du ressort avait littéralement “fondu” dans ce mélange très corrosif qu’est l’eau salé. Impossible de réparer ça ici avec les moyens du bord, et les employés de la station service n’avaient par l’air plus émus que ça…

Je déteste à avoir à faire ça, mais j’ai appelé l’assistance de mon assurance. Réactifs tout comme il faut, c’est lorsqu’ils m’ont annoncé que j’avais seulement droit à un remorquage à auteur de 160 € que j’ai eu envie d’insulter quelque personnes (moi y compris). Ceci dit, je me considère déjà chanceux, car pour une assurance que je paye 35 € par an, je ne pouvais pas en espérer beaucoup mieux.

Dépanneurs croates

Lorsque l’équipe des 3 dépanneurs croates sont arrivés, nous avons immédiatement reconnu le van VW rouge qui était garé à côté de nous 1h plus tôt. Petite blague qui a détendue l’atmosphère. Une fois Milmoto chargée dans le van aux mêmes couleurs qu’elle, les mecs nous ont dit qu’ils n’étaient pas très chauds pour partir maintenant jusqu’en Slovénie vu l’état des routes. Ils nous proposaient plutôt de dormir ce soir à l’hôtel, et de prendre la route tôt le lendemain, pour un trajet plus safe. Nous n’étions plus à ça prêt : GO pour l’hôtel !

Hotel en Croatie

La route du lendemain fut plutôt silencieuse, espérant d’une part qu’on trouverait un garage qui aurait notre pièce en stock (ce qui est très peu probable vu l’age de la moto) et priant d’autre part que les remorqueurs oublient qu’on avait le droit qu’à un forfait de 160 €.

Remorquage

Une fois arrivé à Ljubljana dans un garage officiel BMW, ils n’avaient d’une pas la pièce, mais pour corser le tout, les pannes d’électricité qui paralysent actuellement la moitié du pays ne leur permettaient même pas de savoir quand est-ce qu’ils pourraient ne serait-ce que la commander. Après quelques coups de fils, ils nous ont griffonné au crayon une adresse sur un post-it, en nous disant qu’à 1h d’ici nous trouverions à coup sur notre bonheur. Et hop, nous voici de nouveau sur la route avec les croates, le van et Milmoto.

Que ne fut pas notre soulagement, lorsque nos intuitions se confirmèrent : il s’agissait bien d’un “Papy BM”. C’est comme ça que je surnomme ces grand-pères, ces passionnées, qui tiennent un garage à l’odeur si particulière. Il nous a accueillis avec le sourire, du thé, et une attitude qui voulait tout dire : “Ne me dit rien, je sais quel est ton problème et j’en ai pour 20 minutes montre en main pour changer la pièce”.

Petit garage slovène

Nous avons donc passé plus de temps à discuter de ses machines et de nos voyage, qu’à réparer la moto. Sa femme c’est occupé de faire à manger à Ortie, et cerise sur le gâteau les croates m’ont appliqué une sorte de forfait miracle de derrière la fagots… Ils ne m’ont demandé que 340 € pour la totalité du dépannage !

Si ça c’est pas du Happy End…

Suis-je fou ?

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Suis-je fou ? C’est une question que je me suis souvent posé, et que je me pose encore.

Très certainement, oui, je suis un peu fou.

Il y a un peu plus de 2 ans j’étais en Russie — dans la région de Barnaul en Sibérie — sur des routes gelées, à conduire par -15°C. J’ai eu un accident de moto, dont j’en suis sorti presque indemne : moto détruite et traumatisme psychologique en plus.

Mauvais souvenirs

Ce traumatisme, je n’arrête pas de le ressasser depuis ce nouveau départ. A chaque fois que je vois un peu de neige sur le bord de la route, je repense à ces immenses plaques de glaces qui recouvraient l’asphalte. Et je revois, revis, chaque petit moment de panique — de la prise de conscience que j’allais le percuter, jusqu’a cette interminable journée au poste de police russe.

Et pourtant, j’ai décidé de repartir, encore une fois à moto, encore une fois en hiver. Je suis fou. Tellement fou que je n’arrive pas à accepter que mes peurs puissent me freiner. Ça sonne dans ma tête comme une évidence : nos peurs sont nos principaux freins, la plupart du temps à nos projets, à nos sentiments et à notre créativité.

J’essaye depuis très longtemps de vivre en affrontant mes peurs. Je pense que faire face à ses peurs est quelque chose d’essentiel, et un extraordinaire moteur pour s’améliorer. Il n’est pas ici question de foncer tête baisser sans les regarder, mais plutôt de surpasser nos traumatismes pour les transformer en réussites, puis en fiertés.

Affronter ses peurs

Cette année je suis reparti à moto, en hiver, affronter la neige et mes peurs, avec de la prudence en plus et de la fierté en récompense.

Backstage

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Backstage Slovénie

Mettant au point ou nouvelle technique photo, je profite d’un peu de temps libre en Slovénie pour peaufiner tout ça (et vous en montrer un bout).

Des bisous

Bienvenue en Slovénie

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Welcome to Slovénia

Fraichement (dans tout les sens du terme) arrivés en Slovénie, après avoir bravé pluie, vent et neige. Avec une petite frayeur aujourd’hui, lorsqu’à la sortie d’un tunnel nous avons découvert une route enneigée de 10 cm — finalement heureux de ne pas avoir tenté l’itinéraire initialement prévu, qui passait par un col à 2500 m.

Ce soir, et pour potentiellement une semaine, nous dormons à Ljubljana chez Jasa. Jasa est l’ami, d’une cousine, d’un contact, et il sera mon fixeur ici en Slovénie. En effet, c’est demain que commence le « vrai » boulot. Deuxième phase de recherche — cette fois-ci sur place — pour (je l’espère) bientôt donner naissance à une nouvelle série photo.

Croisons les doigts pour que le temps s’améliore et que les recherches soient fructueuses !

BMW Motorrad Zentrum München

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BMW Motorrad Zentrum München
(Photo par Ortie)

Depuis quelques temps, alors que je préparais Milmoto pour ce voyage, j’avais repéré un problème à ma roue arrière. En effet, je l’ai récemment changé, après avoir fêlé la jante sur les dures pistes du Kazakhstan. Mais depuis, j’ai remarqué des « louvoiements » dès que je dépassais les 100 km/h. Ces mouvements du train arrière étaient encore acceptable à vide, mais là chargé comme nous sommes, ça pouvait devenir dangereux. Du coup je me suis attaqué au problème, avec des avis assez divers. Entre pression des pneus, roulements usés, ou mauvais équilibrage… j’ai tout essayé. Et pourtant, jeudi matin lorsque nous sommes parti, la moto était toujours autant « instable » (voire encore plus).

Du coup, nous avons décidé de faire une étape à Munich, ville de naissance de BMW. Il me paraissait évident que nous pourrions trouver un spécialiste des « vieilles allemandes » qui mettrait à coup sûr le doigt sur notre problème. Et ce fut le cas !

On nous a immédiatement conseillé d’aller au « BMW Motorrad Zentrum München » soit le centre officiel de réparation. Un accueil luxueux et chaleureux, où l’on vous fait patienter dans un petit salon avec un café. Peu de temps après, me voici en train d’expliquer mon problème à un mécanicien. Il me demande à voir la machine, check le jeu aux différents roulements, soupèse la roue, tâte les pneus… et me dit d’un aire satisfait « J’ai trouvé votre solution ! … Roulez doucement. »

Il m’explique que le louvoiement provient de mes pneus hivers, dont la gomme des crampons trop tendres a tendance à s’écraser sur l’asphalte. Il connait bien ce problème, et me dit qu’ils ont le même ici sur des machines plus modernes. Il va donc falloir qu’on prenne notre temps, même sur les autoroutes allemandes !

Il est reparti, tout souriant, en me serrant la main et en nous souhaitant bon voyage.

BMW Motorrad Zentrum München

Nouveau départ vers les Balkans

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Nouveau départ imminent

A l’heure où vous lisez ce post, nous sommes surement déjà en route vers l’Est. D’ailleurs, vous pouvez comme d’habitude suivre notre progression sur cette carte, mise à jour toutes les 15 minutes.

Nous partons Ortie et moi, direction les Balkans avec notre (maintenant très célèbre) Milmoto. Tout d’abord la Slovénie pour y faire des recherches, et en fonction des résultats, peut-être la Bosnie pour y entamer un nouveau projet photo. Je ne veux pas vraiment vous en dire d’avantage, étant donné la pression que je me met déjà tout seul.

Ortie sera (outre mon amoureuse) ma cadreuse et copilote. Je vous encourage d’ailleurs à suivre nos comptes Instagram (@ortieortie & @lecrapo) où vous devriez y voir de très jolies choses. Ce blog servira plus pour les textes et les grosses updates.

Alors que j’écris ces quelques lignes, comme pour chacun de mes départs, je retrouve ce stress indescriptible et cette excitation viscérale, qui me tortillent le ventre. Et comme pour chacun de mes départs, ce premier post de blog marque pour moi le début de l’aventure.

Un gros merci à mes partenaires : SONY pour la partie photo, PROFOTO pour le matériel d’éclairage et WAMI pour le site !

Retour en France et fin du voyage

Carte du retour en France

Et voilà, c’est la fin de ce voyage et l’accomplissement de la mission : ramener Milmoto en France.

Un peu plus de 5000 km, à travers 12 pays, à moto, en 4 semaines. Le défi de réaliser ce retour pour moins de 750 € a été loupé, dépassé d’environ 300 €. Mais comme certain l’ont précisé dans les commentaire, il aurait été tenable avec un véhicule moins coûteux (ou du moins qui ne consomme pas d’essence).

Évidemment je pense déjà au(x) prochain(s) voyage(s), potentiellement un retour dans les Balkans – qui ont été un très très belle découverte – ou beaucoup plus loin…

Le voyage, c’est comme les tatouages, quand tu commences, tu n’as qu’une envie c’est de recommencer !

Fin du voyage