Remi Chapeaublanc | Photographer

Bienvenue chez….

Bienvenu dans la Bahu’s Family

Bienvenue chez lui

Lui, c’est cet homme dont j’ai oublié le nom. Oui je sais, c’est honteux. Mais c’est vrai, j’ai une mémoire auditive absolument hors d’usage. Autant ma mémoire visuelle est particulièrement bonne, je peux regarder la carte d’une ville inconnue et la mémoriser pour m’y orienter. Mais la mémoire auditive est chez moi une véritable catastrophe, d’où aussi ma grande difficulté à apprendre les langues étrangères je pense.

Ce que j’ai de lui, c’est cette signature qu’il a posé sur le dessin. Je demande presque systématiquement aux gens d’écrire leurs noms à côté de mes croquis, mais il l’a carrément signé. Pourquoi pas, mais je ne peux plus déchiffrer son nom.

Lui, c’est l’homme que vous voyez porter mon casque à la fin de la vidéo « Barbara et les rencontres magiques » . Car figurez vous que l’homme à cheval, je ne l’ai jamais revu. Il ne m’avait pas invité à manger chez lui, mais chez un ami. Dommage, j’aurais bien aimé le photographier cet homme aux chevaux magiques.

Bienvenue chez lui

Cet homme était gentil, étrange, tourmenté et surtout contrasté, tout comme son pays. Je suis resté 2 jours et 2 nuits avec lui, coincé par la glace et la neige qui n’arrêtait pas de tomber dehors. On avait du mal à communiquer et il ne voulait pas que je l’aide pour les travaux de la maison, alors parfois je le filmais. Mais le deuxième soir, alors que sa femme n’était pas là, il est devenu plutôt agressif avec moi. Il me disait de partir, il était 20h et faisait déjà nuit noire, il neigeait et faisait -8°C dehors. Il n’avait pas rallumé le poele à charbon de la journée, la température de la maison descendait progressivement, le moral avec.

Je suis allé dans la cuisine et j’ai trouvé cette bouteille de vodka qu’on avait ouvert ensemble, vide à côté d’une autre à moitié entamée. Je me suis servis un grand verre que j’ai bu cul-sec. J’ai enfilé toutes les couches de vêtement que j’avais à portée et je suis allé fermer les yeux, assis sur le canapé.

Bienvenue chez les Kujanov

La famille Kujanov, c’est cette modeste petite maison, ce chien, les deux chatons, les poules, la vache, les deux fils aînés qui ne vivent plus ici et les 4 personnes que vous voyez sur la photo. Le barbus avec le pantalon dégueulasse, c’est moi.

Alors que je m’apprêtais à chercher un endroit où poser ma tente pour la nuit, j’ai remarqué (sur mes vieilles cartes Russes) qu’il y avait un petit village pas très loin. Allons-y, sait-on jamais. Le lieu en question faisait froid dans le dos : un village qui a l’air abandonné, mais où tu distingues certaines traces de vie qui te font dire qu’il est bel et bien habité. Un délicieux mélange entre un village fantôme tiré d’un bon Western, un village bien campagnard du Nord de la France et un site industriel Russe laissé à l’abandon. Vous voyez le genre ?

J’aperçois un homme qui ramène ses vaches pour le soir, il faut mine ne pas m’avoir vu et continu tête baissée. Des gamins jouent un peu plus loin avec leurs vélos, je m’arrête, ils m’observent, je les observe, puis ils continuent à jouer. J’ai particulièrement l’impression de m’être trompé d’époque avec ma machine à remonter le temps et je reste là à les regarder jouer. Au bout d’un moment, je les appelle, ils hésitent un moment et viennent finalement me voir.
On ne parle évidemment aucune langue en commun, mais je montre du doigt mon petit carnet magique et plus précisément la phrase « Вы знаете, где я могу спать? » qui veut approximativement dire « Savez-vous où je peux dormir ? »

Le plus grand me fait non de la tête et discute avec ses 2 potes… finalement il enfourche son vélo et me fait signe de le suivre. Après quelques chemins boueux, on arrive devant une petite maison. Il jette son vélo à terre, me fait signe d’attendre et rentre en trombe dans la maison. Il en ressort 2 minutes plus tard avec sa mère à la main, la suppliant avec insistance de me laisser dormir chez eux, comme si j’étais un petit chaton abandonné. Je retire donc mon casque et la salue de la tête, avec mon plus beau sourire. Elle m’observe… regarde son fils, me sourie et me fait signe de rentrer la moto par l’autre côté.

Bienvenue chez les Kujanov.

Bienvenue chez les Kujanov

La soirée était très marrante, à essayer de se parler dans des langues qui n’ont absolument rien en commun. Finalement le mime et les expressions de visage restent toujours les meilleures solutions. J’ai été gavé de nourriture pour au moins 6 jours, car à chaque fois que le père me disait « MANGE! » j’avais vaguement l’impression que c’était un ordre. D’ailleurs j’avoue, le boeuf aux patates du petit-déjeuné a eu un peu de mal à passer.

Merci beaucoup à toi petit Azamat Kujanov, merci à vous 4 qui ne lirez surement jamais ces quelques lignes.

Bienvenue chez les ouvriers Kazakhs

Les ouvriers Kazakhs qui bossent sur les forages pétroliers, ce sont eux qui m’ont récupéré les bras ballants avec ma caisse toute défoncée.

Ils m’ont récupéré sur le bord de la route… ahemm, de la piste. Ils m’ont hébergé pendant 2 nuits, ils m’ont nourri, ils m’ont permis d’être tout propre, ils m’ont réparé mes caisses, ils m’ont prêté leur connexion satellite et ils m’ont remis sur la bonne route… sans qu’ils ne sachent un mot d’anglais, ni moi un mot de russe !

Ouvriers Kazakhs

Tout ça dans une ambiance du tonnerre. Je ne saurais comment leur dire encore plus merci. Je leur ai laissé tout ce que je pouvais laisser, y compris ma montre qui plaisait à l’un d’entre eux.

De jolies rencontres : Le cowboy Uzbek

Il était d’origine Uzbek, gardait ses vaches et entraînait son jeune poulain au métier. J’ai beaucoup regretté d’être aussi pressé par mon visa Russe, car je serais bien resté la journée avec lui. Un chouette moment, très reposant.

cowboy et son poulain

cowboy et son poulain

cowboy et son poulain

De jolies rencontres : Les cyclistes Anglais

Croisés en sens inverse sur une route Russe, j’ai fait demi-tour 50 mètres plus loin pour les retrouver. Cela fait maintenant 6 mois qu’ils sont sur les routes du monde, et là ils sont sur le chemin du retour vers Londre. On a papoté un moment, ça m’a fait du bien de rencontrer ce joli couple. Ils enviaient ma vitesse de progression (je parcours en une journée ce qu’ils font en une semaine)  et moi j’enviais le temps qu’ils prenaient. On a eu du mal à se dire au revoir et reprendre chacun notre route.

Les cyclistes anglais

Les cyclistes anglais

Les cyclistes anglais

Bienvenu chez AP Moto

AP Moto, c’est le garage qui a recueilli et réparé ma moto « Barbara ». Une équipe de 3 jeunes mecs passionnées, qui se sont démenés comme des fous pour trouver un nouveau moteur compatible. Ils sont même allés jusqu’à me créer un fan-club sur un forum moto polonais… pour dire !

Les Africa-Twin ça ne court pas les rues en Pologne, et les prix sont aussi voir plus cher qu’en France. Du coup c’est un moteur quasi-neuf qu’a reçu Barabara, un modèle de 2003 (alors qu’elle est de 93) avec seulement 5000 km, qui a dû recevoir quelques modifications pour être 100% compatible. On en a profité pour faire quelques réglages et bricoler une réparation pour mon compteur de vitesse.

Si je suis de nouveau sur les routes c’est aussi grâce aux mecs de AP Moto et pour ça : MERCI merci merci ! Si un jour vous passez par Katowice, ne manquez pas de leur dire bonjour de ma part !

PS : Une moto qui reçoit un moteur 10 ans plus jeune qu’elle, on appelle ça aussi une cougar ?

Bienvenue chez Nicolas

Nicolas c’est ce type qui m’a hébergé à Cracovie sans me connaitre, le temps que je trouve une solution pour les problèmes de santé de Barbara.

Nicolas c’est ce genre de personne que tu ne connais pas d’un kopeck, mais qui t’ouvre grand ses portes parce que tu as été recommandé par une amie en commun.
Nicolas c’est celui qui te fait des pâtes le premier soir où tu arrives, parce qu’il sait qu’il n’y a rien de meilleur pour te remonter le moral.
Nicolas c’est celui avec qui tu parles pendant des heures de voyages, de Royal Enfield, de photo argentique et de modélisation moléculaire…

Mais chez Nicolas, c’est aussi et surtout l’adorable Maïa et le petit Mateuch, une famille franco-polonaise comme on les aimes.

Bienvenue chez Nicolas

Encore merci pour votre accueil, pour ces moments d’aides et de soutiens. A très vite !