Remi Chapeaublanc | Photographer

Les étapes

Direction Tsagaannuur et le lac Khövsgöl

Comme vous avez pu le remarquer, depuis 4 jours que je suis à Ulan Bator je n’ai pas beaucoup posté. Et pour cause, j’étais dans une humeur morose à tendance larvaire… je n’avais envi de rien ! Sûrement le contre-coup du bus.

Mais ceci est une époque révolue… et je repars en escapade !

Enfin « escapade » n’est pas vraiment le mot, car pour aller jusqu’à Tsagaannuur en hiver j’ai décidé pour la première fois de faire appel à une agence ! Pour vous peindre brièvement le tableau, lorsque j’ai dit « Bonjour, je suis tout seul, j’ai un micro budget et j’aimerais aller vivre 2 semaines avec les populations Tsaatan. Vous pouvez m’organiser ça ? » ils m’ont regardé d’un oeil étrange et m’ont directement demandé de signer une décharge de responsabilité.

L’agence considère que c’est risqué de faire ça en hiver, la météo étant très incertaine et pouvant facilement descendre à -40°C dans cette région, d’autant plus que les Mongoles n’ont aucun contacts avec les Tsaatan depuis le début de l’hiver et qu’ils ne peuvent m’offrir aucune garantie sur le fait que j’arrive à les trouver.

Je vous vois plisser des yeux et vous demander « Mais qui sont donc les Tsaatans ??? »

Les Tsaatans sont une ethnie quasiment en voie de disparition, dont on estime la population mondiale à environ 300 individus, répartis en une quarantaine de familles. Leur particularité est de vivre dans la taïga à l’extrême nord de la Mongolie (à côté du lac Khövsgöl, aussi appelé la mer de Mongolie) en compagnie de leurs troupeaux de rennes. Ce sont des nomades qui vivent dans des tipis, aux grès de leurs rennes, qui servent à la fois de nourriture, de transport, de monnaie d’échange et de montures.

C’est potentiellement ma dernière excursion en Mongolie, car je compte y rester environ 2 semaines (si j’arrive à les trouver) et mon visa expire dans 3 semaines. Je prends donc un avion pour Murun dans quelques heures, et poursuit ensuite avec 2 jours de route en 4×4 russe.

Si tout se passe bien, je devrais revenir à Murun en fin de semaine pour recharger mes batteries (je n’ai que 6-7 jours d’autonomie). Donc on croise tous les doigts et on se dit à dans 7 jours ?

Et comme dirait mon oncle « Aller voir les Tsaatan, c’est d’enfer ! »

La bise.

Bahu ou Ma première escapade dans l’Altaï

Bahu (prononcez « Bako ») va être mon assistant photo pour cette semaine. Sa famille habite la région d’Olgii, il a 20 ans et fait des études d’anglais pour devenir traducteur… très enthousiaste pour apprendre la photo et bosser avec moi, je pense que je ne pouvais pas rêver mieux comme traducteur/guide/assistant.

Du coup nous partons demain pour passer quelques jours dans sa famille, puis aller prendre contact avec les aigliers de la région. Ma première escapade dans les montages de l’Altaï – chouette – qui devrait durer 5 ou 6 jours.

Bahu

Si le feeling passe bien, il est fort possible que Bahu m’accompagne pour le reste du séjour en Mongolie. Je préfère rester tant que possible avec le même assistant tout du long, pour qu’il connaisse ma façon de travailler et mes attentes.

Du coup, je vous dis à dans une semaine les cocos o//
(car faut pas abuser tout de même, je doute trouver du Wifi dans les steppes de l’Altaï)

Place à la Mongolie

Aujourd’hui, j’embarque dans une voiture direction la Mongolie. Deux chauffeurs qui s’alterneront toute la nuit, pour tenter franchir la frontière Mongole demain, dernier jour de mon visa Russe.

C’est aujourd’hui que se termine la première partie du voyage, pour laisser place à ce pays dont j’ai tant rêvé.

Demain commencera la deuxième partie du voyage, la découverte d’un pays, de sa culture et surtout de ses habitants. Tout comme pour le Népal, je ne connais – volontairement – quasiment rien de ce pays, pour que la découverte soit naïve et réelle.

Le coeur serré, j’ai dû vendre la moto ainsi qu’une grosse partie de mon équipement. Etant strictement interdit pour moi de vendre un véhicule sur le territoire Russe, j’ai dû la vendre pour pièces au marché noir. Mon équipement, les caisses, en passant même par les outils. J’en avais les larmes aux yeux.

Au revoir Sibérie

Au revoir Sibérie, tu m’auras laissé un petit goût amer dans la bouche.

Je continue avec mon sac à dos chargé à bloc, le matos et le studio photo à bout de bras. Une fois arrivé en Mongolie j’aviserais en fonction des rencontres, mais tout sera bon à prendre : cheval, chameau, chiens de traîneaux, chasse-neige ou même des raquettes.

Bienvenue en Sibérie ou Ce que j’ai retenu du Kazakhstan

Depuis quelques jours je suis en Sibérie, cette partie de la Russie particulièrement réputée pour ses plages de sable fin et ses cocotiers.

D’ailleurs mon thermomètre est revenu miraculeusement à la vie. Ne me demandez pas comment, je n’en ai aucune idée. Mais lorsqu’il m’a affiché -18°C, je me suis demandé quel sentiment j’étais censé éprouver, entre fierté et désespoir.

Bienvenue en Sibérie

La steppe fait doucement place à des champs enneigés et je revois avec stupeur l’apparition des arbres. Les arbres c’est bien, c’est beau, et ça casse un peu ce vent qui m’a beaucoup usé au Kazakhstan.

Vous l’aurez compris j’ai quitté le Kazakhstan avec regret, et voici ce que j’en ai retenu :

  • Que (suivant la légende) un Kazakh peut engloutir à lui tout seul un mouton entier en une journée.
  • Que le Kazakhstan recèle de trésors cachés, tant dans son sol que dans sa culture.
  • Que l’on m’a proposé 3 filles différentes, pour me marier ici ou l’emmener avec moi à moto !
  • Que j’aimerais bien y revenir pour y rester plus longtemps et découvrir la mer d’Aral et Almaty.

Borat avait raison.

A l’heure où vous lisez ces quelques lignes, je dois théoriquement être en train de passer la frontière Russe pour rejoindre Barnaul en Sibérie. C’est donc la fin de ce long périple au Kazakhstan. Ce pays m’a marqué et je voulais vous en toucher deux mots.

D’une part, c’est pour le moment le pays dans lequel j’ai passé le plus de temps (pour ce voyage, on s’entend bien). D’autre part c’est un pays que je ne connaissais absolument pas. Du coup forcément, on s’attache.

La première nuit que je passe au Kazakhstan je me fais voler mon appareil photo et la deuxième nuit j’atterris dans la plus grosse ville pétrolière du pays ; autant vous dire que les premières impressions furent assez négatives, sans compter que je n’arrivais pas à communiquer pour un sou.

Mais ce pays, rempli de contrastes, n’a fait que me séduire par la suite. Malgré les nombreuses galères rencontrées, il y avait toujours quelqu’un pour m’aider, une rencontre pour me faire sourire et une nature plus improbable que jamais. Le Kazakhstan est surement le pays le moins touristique que j’ai pu traverser dans ma vie, dans le sens où rien ici n’est fait pour ça. Ce n’est pas un pays qu’on visite…. C’est un pays que l’on vit. C’est pour cette raison que j’ai particulièrement envie d’y revenir, pour le revivre encore et encore.

Première et dernière nuit au Kazakhstan

Kazakhstan, de ta première jusqu’à ta dernière nuit, tu n’auras fait que me surprendre ; tu vas me manquer.

PS : Si vous ne comprenez pas le titre, regardez le film « Borat », au moins pour la culture. Si ce film (à prendre au 20ème degré, cela va de soi) fait grincer des dents, a créé de véritables incidents diplomatiques et a été censuré dans de nombreux pays, je le trouve bien plus intelligent qu’il n’y parait. Avis aux amateurs.

« Borat est un personnage de fiction interprété par l’humoriste britannique Sacha Baron Cohen. Ce Kazakh est une caricature des stéréotypes sur les pays pauvres méconnus d’Asie, aux coutumes et aux mœurs jugées douteuses par l’Occident. »
(source : Wikipedia)

Barbara, la Sibéria-Twin

Le jeu de mot n’est pas de moi, mais il m’a fait rire. Il est vrai que « Africa-Twin » pour le nom d’un moto, laisse plutôt rêver aux paysages du Paris-Dakar, tel qu’elle a été conçue ; plutôt qu’aux paysages de glace je lui fais vivre actuellement.

Une petite opération de chirurgie esthétique s’imposait : voici Barbara, la Sibéria-Twin.

Barbara la Siberia-Twin

Profitant de mon arrêt forcé à Astana, j’ai réussi à lui installer ses nouveaux pneus (des MITAS E09 Dakar, pour ceux que ça intéresse) particulièrement adaptés pour le off-road sur longue distance. Je lui avais installé juste après mon premier matin de glace, les manchons que mon père a glissé dans l’une de mes caisses. Ces manchons ont véritablement sauvé mes mains, c’est maintenant (avec les -12°C quotidiens) le seul endroit où j’arrive à garder une température descente. Et miracle des rencontres, j’ai réussi à faire clouter mes pneus le jour d’avant mon départ d’Astana !

PS : A l’heure où j’écris ces lignes, 1/3 des clous (rentrés par pression dans la gomme des crampons) ce sont déjà fait la malle. Ça aura été une belle tentative, mais à la vitesse où je les perds je pense que je n’en aurais plus aucun pour le passage « délicat » des montagnes de l’Altaï.

Enfin à Astana…

Après cette journée assez hallucinante de lutte grêco-romaine, je me suis retrouvé comme un con à espérer qu’un coach ou un lutteur m’aiderait à trouver une solution pour rejoindre Astana. Tenter de faire à moto les 320 km qu’il me restait avec cette route entièrement gelé et aurait été du suicide. Mais tous les jours ne peuvent pas être remplis de rencontres magiques… le soir de la compétition je me suis retrouvé tout seul, sans aide, dans cet immense dortoir ; les jeunes champions avaient désertés les lieux juste après leurs combats. Grand moment de solitude.

J’ai finalement réussi à attraper par la manche un dernier coach qui avait traîné plus longtemps que les autres, le suppliant de m’aider car il parlait russe et un peu anglais. Après quelques coups de fil, il a réussi à dégoter quelqu’un qui avait une remorque et qui voulait bien m’emmener avec la moto jusqu’à Astana. L’homme en question est arrivé – avec 3h de retard – pour voir s’il pouvait prendre la moto et me demander la modique somme de 20 000 Tuengue (environ 100€, mais pour ici c’est énorme). Un Turc qui passait dans le coin m’a dit que je me faisais enfiler bien comme il fallait, en même temps je n’avais pas tellement d’autre solution… du coup on est allé se descendre une bouteille de vodka avec un ami à lui. Soirée super sympa.

Triste voyage pour Astana

Le lendemain, l’homme en question est venu me chercher – avec 2h d’avance – pour charger la moto. Barbara mal en point sur la remorque, moi tristounet sur le siège avant, il me parlait russe et pensait surement me faire plaisir en mettant du Joe Dassin pendant toute la route… j’ai eu envie de me tirer une balle tellement ce trajet de 5h fut déprimant.

Finalement arrivé à Astana, je me pose rapidement dans un hôtel, dépose mes affaires et file au restaurant pour me remplir le ventre. Un classique, ils n’ont que des menus en cyrillique. Je me prépare donc à faire mon coup de poker favoris : choisir un plat au hasard, sans savoir ce que je vais manger… quand tout à coup une voie à une table voisine me dit « Can I help you ? I speak english, italian or french if you want. »

Je venais de rencontrer Toni Candeloro, danseur et chorégraphe italien qui est à Astana pour mettre en scène le ballet d’Esmeralada, accompagné d’une amie Géorgienne, qui elle parlait parfaitement italien et russe. Ils m’invitent à manger avec eux et le repas fut excellent. Je parlais français, il traduisait en italien, elle traduisait en russe, la serveur prenait la commande en Kazakh.

Premier matin de glace

Depuis l’étape chez les Kujanov, il me restait théoriquement 2 jours de route pour rejoindre Astana – mon point relais pour obtenir un second visa Russe. Mais le temps fut exécrable durant toute la journée ; trempé je suis allé me réfugier dans un hôtel à Kostanay, avec « seulement » 250 km pour la journée.

Le lendemain matin ce sont les premiers flocons qui sont tombés. J’ai même hésité à prendre la route, mais mince si c’était quelques flocons qui me faisaient peur, où allait le monde ? J’avais beau ne jamais avoir conduit sur la neige et que mes pneus « mixtes » commençaient à être plus lisses que cramponnés, je me suis habillé chaudement et zou ! C’est cette journée qui a donné la vidéo « Enjoy the ride » , mon premier jour de neige.

Mais mal préparé, j’ai de la neige fondue qui rentrait progressivement dans une de mes chaussures. Gelé par ce froid humide, j’ai fait une pause dans un petit hôtel pour routiers. Au final il y faisait chaud, tant pis si je n’avais fait que 140 km aujourd’hui, j’ai décidé d’y rester pour l’après-midi et d’y faire sécher mes chaussures.

Premier matin de galce

Ce dont je ne me doutais pas, c’est ce joli petit cadeau que j’allais trouver le lendemain matin… Vous pensez que c’est de la jolie poudreuse disséminé sur la moto ? Et bien non, c’est en fait de petits blocs compacts de neige-fondu-glacé ! J’ai dû débloquer les serrures de mes caisses au briquet et faire tourner les roues à la main pour libérer les plaquettes de frein.

J’ai cru que je ne pourrais jamais partir avec ces immenses plaques de glace qui recouvraient l’asphalte, mais vers 11h de timides rayons de soleil sont tout de même venus m’aider. J’ai donc pris la route à 13h avec prudence.

Et c’est ainsi qu’a commencé ma semaine de galère, à me battre à coups de pneus lisses contre une glace intransigeante…

Une semaine compliquée ou Bientôt des nouvelles

Vous n’aviez pas eu de nouvelles depuis environ une semaine, et pour cause j’étais coincé dans la campagne Kazakhs à essayer tant bien que mal de rejoindre Astana, la capitale du Kazakhstan.

Avec la précédente vidéo (et pour ceux qui suivent le compte twitter), vous aurez compris que j’ai enfin réussi à rejoindre Astana. En 7 jours au lieu de 2 comme prévu, et je vous assure que ça n’a pas été une mince affaire.

Plan de secours

Ce dessin – que j’ai en 3 versions – dont chaque personne y rajoutait sa petite touche, m’a sauvé dans un pays où à peine une personne sur 100 baragouine quelques mots d’anglais. Je commence même à parler Russe, pour vous dire…

J’ai pris du retard sur mon planning, l’hiver lui a pris de l’avance. C’est un bras de fer qui vient de s’engager. Je suis en pleine période de doute. Des nouvelles bientôt, promis, mais ce n’est (vous le comprendrez j’en suis sur) pas ma priorité numéro 1.

Bienvenu au Kazakhstan ou Ce que j’ai retenu de la Russie

Etant donné que je n’ai plus de NEX, je ne peux plus vous faire ma traditionnelle photo « en roulant »… Du coup j’ai choisi de continuer avec Barbara dans les paysages locaux. Je roule au Kazakhstan maintenant depuis quelques jours et ce que je peux vous dire c’est que les paysages ne sont – pour l’instant – pas très variés ! De la steppe, de la steppe et encore un peu de steppe.

Bienvenu au Kazakhstan

La steppe, c’est plutôt joli en soit, mais punaise ce vent… Je suis obligé de rouler en permanence penché de 20°. Je vous assure que ce n’est pas de tout repos, sans parler de ma consommation d’essence qui en prend un coup (vent de 3/4 la plupart du temps).

En tout cas, ce que j’aurais retenu de la Russie :

  • Que la guerre froide ne doit pas être vraiment finie pour tout le monde. J’ai rarement vu des gens aussi méfiants.
  • Que les routes ne sont pas mauvaises du tout ! Avec en prime quelques jolis paysages.
  • Qu’ils diffusent de la techno qui doit faire mourir un paquet de neurones suite à une écoute prolongée.
  • Que j’y suis passé bien trop rapidement.