Remi Chapeaublanc | Photographer

la moto

Milmoto : 50 mille km et 37 ans

Milmoto, photographiée par Kares Le Roy

Milmoto par Kares Le Roy

Je comprends que ça puisse en gonfler certains, mais voyager avec un véhicule, c’est obligatoirement s’y attacher. Et pour le coup, l’attache sentimentale – après tant de frayeurs et complications vécues ensemble – devient d’ordre viscérale.

Milmoto, c’est elle qui nous a amené jusqu’en Mongolie, et qui nous a fait revenir après moult aventures. Aujourd’hui elle vient de passer ses 50 000 km et je voulais marquer le coup, peut être en vous racontant d’où elle vient. Car cette moto à une histoire bien particulière, qui – je trouve – lui donne encore plus de charme.

Il y a 37 ans, un jeune couple se fait offrir cette R90/6 comme cadeau de mariage. Ils l’équipent et décident de partir avec faire un tour du Maroc, en guise de voyage de noce. La moto se tape toutes ces routes et pistes poussiéreuses, pour ensuite être garé dans un garage en France… où elle y restera 30 ans sans bouger. Je rachète cette moto pour une bouché de pain, avec la promesse que je vais la remettre en état pour lui faire faire un second voyage extraordinaire.

C’est chose faite, et nous venons de passer 28 mille km ensemble !

Dès mon retour sur Paris, je compte m’atteler pour la retaper de A à Z… et l’emmener faire un 3ème voyage extraordinaire ?

50 mille km et 37 ans

Milmoto

Une histoire de pneu, ou comment se faire de belles frayeurs

Comme je le disais l’année dernière, bien choisir ses pneus à moto, c’est important ! Figurez-vous que j’ai du mal à moi-même en revenir, mais je crois avoir fait l’une des plus grosses bourde à ce sujet, je vous raconte :

Depuis que je roule en Grèce, à 3 reprises je me suis fait de belles frayeurs ! En effet, la roue avant qui décroche pendant un virage en épingle, ça a de quoi vous foutre les jetons ! Les motards redoutent ça, car une roue avant qui glisse c’est quasi la gamelle assurée, et généralement pas des plus agréables… Là c’était léger et j’ai réussi à rattraper la machine sur la fin de la courbe, mais PFOUUUUU… ça laisse une drôle d’impression une fois le virage passé et les membres encore tremblants.

Deux fois en une journée, s’en était trop, il fallait que je fasse quelque chose. Pourtant, j’avais bien ramené mes pneus route en arrivant à Istanbul, pour justement éviter de remonter l’Europe avec les pneus mixtes qui revenaient de la Mongolie. Voilà, sauf que moi je dois être un peu con, j’ai pris les deux anciens pneus qui étaient montés avant le départ pour la Mongolie… sans plus réfléchir !

Pneu de 28 ans

Sur le flanc de ce pneu avant, on peut y lire la nomenclature « DOT EB1N BLH 405 » ce qui – traduit à l’aide de la page Wikipédia adéquate – indique : QUE CE PNEU A ÉTÉ FABRIQUÉ EN OCTOBRE 1985 !!! O_o
(ce qui est plausible, vu que la moto date de 1976 et que je suis seulement son deuxième propriétaire)

Voilà voilà… je roule donc avec un peu qui a « juste » 28 ans…

Rajoutez à cela, que les Grecs mettent de la poudre de marbre dans leur goudron afin d’en diminuer les coûts… et vous obtenez une magnifique patinoire ! Elle est pas belle la vie ? (enfin plutôt courte ici, vu que la Grèce est le pays d’Europe où il y a le plus de tués sur route par rapport au nombre d’habitants)

Je ne décolle donc plus d’ici tant que je n’aurais pas monté un pneu avant neuf, et digne de ce nom !

Aline et les routes Kazakhs

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… ou comment mettre à l’épreuve une moto de 35 ans ! Les pistes Mongoles à côté, c’était (presque) de la rigolade.

Au lieu de tenter une description, qui n’en serait pas très élogieuse, voici dans quel état ces routes ont mises notre pauvre Aline (aussi connue sous le nom de Milmoto).

Notre mission pour cette semaine, coincé à attendre visas et ferry pour traverser la mer Caspienne, sera de réparer tout ça avec les moyens du bord. La remettre en état, au moins pour qu’elle nous mène jusqu’à Istanbul, afin de pouvoir rentrer en avion et venir la récupérer dans quelques mois ?

Une histoire de pneus, ou les Heidenau K60 et Mitas E09

En attendant que Mélanie se remette d’aplomb et que nous pussions repartir sur la route… je vais vous parler de pneus !

pneus moto, K60 Heidenau et E09 Mitas

Le choix des pneus sur moto, d’autant plus lorsqu’on va avoir à affronter plusieurs types de routes, est primordial. Comme qui dirait un ami « T’as beau avoir la moto que tu veux, ce qui compte pour tenir à la route c’est comment tu la chausses !  »

En effet l’adhérence à la route pour une machine aussi veille, n’était pas gagné d’avance, notamment pour le trajet qu’on lui réservait. Asphalte, bitume défoncé, pistes en graviers, cailloux, sable, boue, franchissement de rivière et j’en passe, il fallait qu’elle soit prête à tout pour parcourir les 20 000 km qui l’attendaient.

J’ai donc écumé tous les forums de motard, pour dénicher LE PNEU idéal, celui qui sera le parfait compromis pour tout types de terrains, tout en gardant une bonne longévité et un prix raisonnable autant que possible. Il est vite apparu que faire endurer 20 000 km à un pneu arrière, chargé de 400 kg était impossible. Il fallait donc porter son choix sur 2 ou 3 jeux de pneus, du moins pour l’arrière.

Pour l’avant, afin d’économiser de la place, nous avons pris le paris de rouler ces 20 000 km avec un seul pneu : un K60 de Heidenau. Pneu mixte par excellence, 50% road et 50% off-road, il était décrié comme très performant même sur route mouillée, tout en ayant l’une des meilleures longévités de sa catégorie.

Etant donné que les Heidenau K60 m’avait satisfait l’année dernière, allez zou, nous l’avons donc aussi monté à l’arrière ! C’est à Barnaul, 8 000 km plus loin, que nous l’avons changé pour attaquer les pistes Mongoles, avec un pneu spécifique : le E09 de Mitas. Pneu étudié pour faire du rally, soit 20% road et 80% off-road, qui a des crampons très marqués et suffisamment épais pour ne pas s’user trop vite.

BILAN : Après 8 000 km le K60 arrière en était seulement à moitié de vie, et celui de l’avant avait encore l’aspect d’un neuf… IMPRESSIONNANT ! Avec les 2 000 km de pistes Mongoles, l’avant accroche encore très bien la piste, et le E09 arrière tient grandement ses promesses ! Je suis vraiment ravis du choix, même si le Mitas E09 à l’arrière m’a fait douter quelques temps sur l’asphalte en Russie, avec un comportement très… « flottant » et donc assez peu rassurant. Les Heindenau K60 sont eux parfaits, mais ont parfois montré leurs limites, notamment dans de la boue bien grasse.

Si vous voulez partir en moto avec de bons pneus mixtes, je vous recommande chaudement ces deux choix, qui sont en prime dans les moins chers du marché !

Russia, Altai Krai, Barnaul

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Barnaul – ou plutôt Барнаул comme on dit ici – c’est pour moi à la fois un dur souvenir, mais aussi la dernière grosse étape avant la frontière de Tashanta. Rendez-vous de tous les baroudeurs qui partent ou reviennent de Mongolie, mais particulièrement pour les motards qui réparent et changent leurs pneus avant le grand saut.

Nous avions prévu de nous y arrêter pour réparer justement la grand-mère Aline, mais aussi pour tenter d’y retrouver mon ancienne moto Barbara que j’avais vendu à un certain Viktor.

La bonne nouvelle, c’est que lorsque nous avons demandé à des motards vers quel garage se tourner pour réparer la moto, ils nous ont tous conseillé ce même Viktor ! L’autre bonne nouvelle, c’est que nous avons facilement retrouvé son garage… au fond d’un immense hangar, lui-même au fin fond d’une zone industrielle peu accueillante. La mauvaise nouvelle c’est que le Viktor en question était parti pendant plus d’une semaine dans les montagnes de l’Altaï, et que nous n’avons pas pu retrouver la belle Barbara, même avec l’aide du mécano le remplaçant pendant son absence.

Nous avons donc passé la journée au garage, avec un mécano, quelques habitués et un soudeur. Journée intense pleine de poussière, d’étincelles, de bruits divers et variés, et surtout de sueur dégoulinante. N’empêche qu’elle en avait bien besoin cette Mamie Aline.

Au programme : re-soudure du porte-bagage qui cède pour la deuxième fois, vidange moteur et changement du filtre à huile, changement du pneu arrière, re-réglage des soupapes et des carburateurs, réparation (à la russe) de la suspension avant avec changement de l’huile de fourche.

Nous voici paré pour quitter l’asphalte et atterrir sur les pistes – aussi redoutées que convoitées – de Mongolie.
Passage de frontière prévu pour mercredi matin, heure locale.

Nous avons retrouvé la Spydermobile !

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Moto custom russe

Moto custom russe - 2

Décidément, les Russes ne rigolent pas lorsqu’il s’agit de faire du KUSTOM !

Si nous avons bien compris, le type à entièrement construit la moto autour d’un ancien moteur de camion Volkswagen. Pas vraiment à mon gout, mais j’avoue que le boulot est impressionnant !

Moto custom russe - 3

De retour chez AP-Moto

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Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’aventure de l’année dernière, AP-Moto c’est le garage qui a récupéré Barbara après son serrage moteur en Pologne ! Ils avaient bossé comme des dingues sur la moto, pour d’une lui dégoter un nouveau moteur, mais aussi la remettre à neuf pour repartir. Comble de l’histoire, ils m’ont offert la main d’oeuvre, voulant soutenir le projet.

Un détour chez cette équipe de choc était donc un passage obligé, bien mérité. L’accueil fut comme on peut l’imaginer : ROYAL ! Au programme, un check général des deux motos, une vérification de mes roulements avant et des disques de freins (qui commençaient à me faire peur), une amélioration de la bulle de mon père et surtout une réparation de ses caisses qui commençaient à fondre sur les pots d’échappements !

de retour chez AP-Moto à Katowice

Nous ne sommes resté qu’une demi-journée, et pourtant les au revoir étaient difficiles. Ils suivront encore l’aventure avec nous, stickers fièrement collés sur les motos !