Remi Chapeaublanc | Photographer

enfant

La prostitution au Népal

J’ai classé cette note dans “Anecdotes”, j’en suis désolé, je n’avais pas prévu de catégorie “Catastrophes”.

Les différents guides touristiques, parlent d’une prostitution “discrète” mais présente, dont le touriste ne verra pas réellement l’existence. Le principal problème ici étant les népalaises qui partent se prostituer dans les bordels indiens et qui reviennent séropositives, tout en étant rejetés par leurs familles.

Dès mon arrivée déjà, l’un des nombreux rabatteurs de Katmandou m’a dit sans gènes :

Do you need, trecking guide ? Hash ? Young girl ?

Mais c’est hier soir, alors que je rentrais à mon hôtel vers 23h – petite précision, les népalais se couchent très tôt, Katmandou est désert comme une ville de western dès 22h – que j’ai été électrochoqué :

Un petit garçon, habillé correctement, d’environ 9-10 ans, s’avance vers moi avec un grand sourire. La rue est déserte, étrange sensation de voir ce garçon qui ne colle pas avec le décors, me dire avec un anglais parfaitement fluide :

Hello, do you want a special massage ?

En route pour le tour des Annapurnas

Le départ en montagne avait déjà été repoussé plusieurs fois par Santos, mais cette fois-ci il est bien arrivé sur Pokara (bon ok, à 5h du mat) pour partir avec moi sur l’un des treks les plus courus du Népal.

Je voulais partir plusieurs jours en haute montagne, déjà parce que je connais assez peu la montagne, mais aussi  parce que partir au Népal sans faire de trek, c’est un peu comme venir en France sans manger de fromage.

2 premiers jours du tour des Annapurnas

2 premiers jours du tour des Annapurnas

Les deux principaux intérêts de ce parcours, sont qu’on traverse une variété impressionnante de paysages et qu’on y grimpe jusqu’à 5416m (Thorung La, la passe la plus haute du monde).

2 premiers jours du tour des Annapurnas-4

2 premiers jours du tour des Annapurnas-4

Nous en sommes à 2 jours de marche, mise à part quelques classiques mal aux pieds ou aux mollets, pour le moment tout va bien. Avec Santos on alterne pour le gros et le petit sac (24 et 12kg environ), à chaque pause.

Il me sert plus d’assistant photo et de traducteur, que de guide. Il n’a fait qu’une seule fois ce circuit, et ne connait pas beaucoup plus la route que moi. Mais c’est toujours super intéressant d’avoir ses explications, autant sur la vie des gens que sur la faune et la flore.

2 premiers jours du tour des Annapurnas-3

2 premiers jours du tour des Annapurnas-3

Quelqu’un à dit que les paysages étaient magnifiques ?

Aujourd’hui, nous avons arrêté la marche plus tôt que prévu, pour se réfugier dans une maison trouvée sur la route, car un orage s’est levé. Ca promet surement de neiger là haut… :)

Bienvenu chez le grand-père de Lakpa

Après ma reposante nuit à 0.6€, me voici reparti sur la route pour rendre visite à ma rencontre de la semaine dernière, Lakpa et toute la petite famille.

femme dans la montagne

femme dans la montagne

Sur la route, juste avant une dernière montée redoutable (l’angle du chemin doit avoisiner les 40°, constitué uniquement d’éboulis de pierres, sur environ 700m), je croise un vieux monsieur qui s’amuse à faire peur aux enfants avec sa canne, il en rajoute pour me faire rire. Je tombe sous le charme, sort mon appareil photo, mais il me fait signe que non. Tant pis, j’entame ma montée avec seulement son visage en tête.

Après moult essoufflements et douleurs aux cuisses, me voici enfin arrivé chez Lakpa. Sa belle-sœur me reconnait de suite (lui ayant des problèmes aux yeux, met au moins 20min pour me reconnaitre). Accueillis à bras ouvert, ils me proposent d’aller avec eux chez le grand-père de la famille, pour y diner et y dormir.

Vous voyez venir l’histoire grosse comme un yack, mais oui, que ne fut pas ma surprise lorsque je reconnus le grand-père en question, ce vieux monsieur croisé 3h auparavant, en train de jouer avec les enfants.

dessin grand pere

dessin grand pere

Pramuk Lama, 90ans, un personnage sombre et fascinant, ne marmonnait en Tamang uniquement lorsque c’est nécessaire, immobile le reste du temps.

La soirée fut simple, entouré de toute la famille, mangeant le Dal Bhat autour du feu.

Le retour sur Katmandou, le lendemain matin, fut plus solitaire que la dernière fois. D’ailleurs je me suis trompé de chemin à un croisement ; sans aucune indication sur ma carte, les pieds sur un sentier de 25cm de large, d’un côté la paroi, de l’autre la falaise, je ne faisais pas le malin…

Don’t worry, j’ai retrouvé ma piste et suis rentré à Katmandou… avec les horribles 7h de bus.

Ce que je pense de tout ça

Au début de ce voyage, je vous parlais des enfants qui – à l’aide d’un jeu – mendiaient de l’argent aux passants. Certains donnent, un peu, beaucoup ou rien du tout, touristes et locaux confondus. Cet exemple n’est en fait qu’un prétexte pour vous livrer mes pensées sur ce sujet qui me tient à cœur, la mendicité.

Je n’ai de leçon à donner à personne, je veux juste partager ce que je pense (aujourd’hui, dans ma situation actuelle) ainsi que ma maigre expérience de voyageur.

Je suis absolument contre la mendicité. Tout comme je refuse que mon bonheur soit tributaire des autres, je pense qu’il est important, pour chaque personne, de se battre pour obtenir son autonomie.

L’autonomie, c’est ce qu’on est censé acquérir en grandissant, en s’émancipant de ses parents.
Réussir a être autonome, car c’est un effort, est aussi la meilleure manière pour ensuite transmettre ce qu’on a appris. Et la transmission est à mes yeux, l’une des choses les plus importantes qu’on puisse faire pour les autres.

Je suis donc contre la mendicité et il en va de même pour les actions qui l’encouragent. Elle n’aide personne sur le long terme, elle ne fait que soulager de façon très éphémère (le mendiant, ainsi que notre bonne conscience).

Et comme disait un vieux chinois:

Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. Avec un poisson il pourra manger une fois, avec la pêche il pourra manger tous les jours.

J’aimerais bien ajouter, “par contre, ne lui donne pas d’argent, il pourrait s’acheter une bouteille de vin et ne plus avoir faim”.

Certain diront que si on donne un peu d’argent à un mendient, il pourra avec l’accumulation, se payer à manger, se laver, s’acheter de nouveaux vêtements et chercher un travail. Mais lorsque je regarde autour de moi, à Paris, ici ou à Ouagadougou… j’ai du mal à croire en cette théorie. Je pense plutôt que la mendicité encourage la mendicité.

Un exemple concret, ici à Katmandou, une touriste française me raconte l’histoire suivante :

Je me promenais dans les rues de Katmandou avec une amie, quand on tombe nez à nez avec de jeunes enfants qui sniffaient de la colle. Ils étaient là, plusieurs à se défoncer la tête avec de la colle. Mon amie, écœuré par la situation, s’empressa de donner un billet de 1000 roupies, au premier qui avait tendu la main.

Si j’avais rencontré l’amie en question, je lui aurais bien mis 3 claques. Pourquoi voulez-vous que ces enfants arrêtent, si se défoncer à la colle leur rapporte en plus de l’argent ???
(pour information, 1000 NRP représente environ une quinzaine de repas dans un petit resto de rue)

Si je vous étale ici mes pensées, c’est aussi parce que je suis face à un cas de conscience. J’ai découvert au Népal, que l’Hindouisme et le Bouddhisme (les deux principales religions) encouragent la mendicité et le dons. Il est donc dans les mœurs – et plutôt bien vu – de ne vivre que de mendicité, comme le font les Sadous indiens.

Alors que faire ? Suivre mes convictions personnelles, tout en sachant que ça ne changera absolument rien, ou bien m’intégrer le mieux possible et adopter les mœurs locales ?

En route pour un mini-treck de 3 jours

Katmandou n’est pas une ville qui me botte particulièrement, trop bruyante, trop de monde, trop polluée…

Le fameux colis en provenance du Japon étant déjà sur la route, il me fallait encore attendre 5 jours ici pour le recevoir. L’expérience de la première excursion, bien qu’un peu difficile, me donna envie de renouveler l’aventure. Me voici parti pour Sundarijal, sur les pistes du treck d’Helambu !

En route pour le treck d'helambu

En route pour le treck d'helambu

J’y ai encore croisé une école, une petite école de montagne avec une seule classe. Toujours très intéressant de discuter avec l’institutrice, mais pour elle encore bien trop peu d’élèves sont scolarisés, surtout dans les petits villages.

Sac à dos plus léger, corps un peu mieux préparé, tente et matériel autonome pour faire low-budget. Et bien ça ne m’a pas empêché d’en chier un max. Montés et descentes très abruptes (environ 1500m de dénivelé) sur tous type de chemins. Autant vous dire que dès que j’ai trouvé un endroit sympa pour poser ma tente, je n’ai pas réfléchi longtemps.

En route pour le treck d'helambu-2

En route pour le treck d'helambu-2

T’a vu Ruben, j’ai pas oublié tes conseils… ou du moins je m’en suis souvenu sur place. Bâtons de marche home-made, toujours très pratique ce Leatherman.

Le montage et le démontage de la tente m’a valu la curiosité et l’excitation de tous les enfants du village. Deux d’entre eux ont même insisté pour la plier avec moi.

La recette pour faire une bonne Holi Purnima

Premièrement, il vous faut un jour férié, de préférence un jour de pleine lune.

Ensuite, vous devez trouver des enfants (ou de très grands enfants) qui veulent faire la fête.

Recette pour faire une bonne Holi-2

Recette pour faire une bonne Holi-2

Puis pas mal de points d’eau, stratégiquement placés dans la ville.

Recette pour faire une bonne Holi

Recette pour faire une bonne Holi

Quelques dealers de couleurs, vives de préférences les couleurs.

Recette pour faire une bonne Holi-3

Recette pour faire une bonne Holi-3

Vous mélangez le tout au shaker. Rajoutez un bol de musique si ça manque d’assaisonnement.

Recette pour faire une bonne Holi-5

Recette pour faire une bonne Holi-5

Et vous  devriez obtenir quelque chose comme ça…

Recette pour faire une bonne Holi-4

Recette pour faire une bonne Holi-4

Ici ce ne sont pas les flics qui font des barrages routiers…

… mais les enfants de la rue, avec une simple cordelette !

enfant-rue-2

Impossible de franchir cette corde sans donner  un droit de passage, qui s’élève à ce que vous aurez réussis à négocier. Si vous essayez de franchir cette corde sans leur approbation, vous vous exposez à marcher avec 2 enfants accrochés à chaque pied.

enfant-rue

Ce qui me laisse perplexe, c’est que ce sont les locaux qui donnent plus que les touristes… ça donne matière à réfléchir. D’ailleurs j’ai bien l’intention d’écrire un post sur ce que je pense de ça.

Le dernier Tsaatan