Remi Chapeaublanc | Photographer

excursion

Quand je vous disais que les matins étaient magiques…

Voici à quel spectacle j’ai eu droit ce matin, en sortant de mon abri de montagne, trouvé la veille.

Quand je vous disais que les matins étaient magiques

Quand je vous disais que les matins étaient magiques

Il a plu cette nuit, le ciel était dégagé, levée de soleil au-dessus de l’Himalaya. A vôtre droite, vous pouvez apercevoir le lac de Pokara (sur lequel j’avais passé la journée en barque) et à votre gauche le début du massif des Annapurnas (8000m d’altitude).

N’ayant plus d’eau ni de nourritures depuis la vieille, il fallait bien que je bouge pour trouver de quoi me rassasier. Ma carte étant vraiment nul, je me suis dirigé en direction des premières maisons que j’apercevais au loin.

Quand je vous disais que les matins étaient magiques-2

Quand je vous disais que les matins étaient magiques-2

Je suis arrivé dans le village de Panchase Bhanjyang. Quelques maisons, et oh bonheur, une lodge (petit hôtel d’étape) qui faisait restaurant. Petit village paisible au milieu des montagnes, l’endroit parfait pour faire ses exercices de Yoga, non ?

Cette lodge avait justement une bonne carte de la région. Ni une ni deux, je la prends en photo pour le retour à Pokara, que j’ai entamé juste après un bref petit déjeuner et un remplissage de gourde.

Méa-culpa pour les porteurs

Dans un billet précédent, je disais que les hommes ne travaillent pas beaucoup, comparé aux femmes. Certes, je maintiens cette impression, sauf que…

Comme dans la plupart des populations, beaucoup de métiers réservés à un sexe. Et bien c’est le cas pour les porteurs, qui font un métier d’une rare bravoure. Ils sont de plus (en général) très mal équipés.

Ici, beaucoup de villages ne sont joignables que par des sentiers, aucun véhicule ne peut y monter. Tout y est alors acheminé à dos de porteurs, que ce soit la nourriture, des meubles ou même les matériaux de construction.

Mea-culpa pour les porteurs

Mea-culpa pour les porteurs

Attention, les sherpas ou Sherpas ne sont pas des porteurs. Porteur est un métier.

  • Les Sherpas sont une ethnie népalaise vivants dans les montagnes de l’Himalaya
  • Le sherpa dans une équipe de treck, est le second du guide, son assistant.
Mea-culpa pour les porteurs-2

Mea-culpa pour les porteurs-2

Aujourd’hui, des chemins, des escaliers à n’en plus finir et beaucoup de rencontres pour m’indiquer ma route. Et puis d’un coup, en début d’après midi, la brume est arrivée. Je comptais continuer ma route, mais le tonnerre grondant déjà, j’ai préféré m’arrêter dans un petit abri de montagne, pour y passer la nuit.

Je vous écris depuis ce petit abri, après avoir vécu un échec cuisant, dont je peine à me remettre. Je n’ai pas réussi à allumer mon feu… Je crois que c’est la première fois que je n’arrive pas, après 2h de tentatives, à allumer un feu. J’ai utilisé mon briquet au magnésium, un briquet à essence, et même par désespoir, les pages “Tibet” du guide du routard (que tous les tibétains et routards me pardonnent).

Heureusement que j’ai un très bon duvet de montagne, car je sens que je vais cailler cette nuit… =/

En route pour 3 jours dans la vallée de Pokara

De retour après mon séjour en moto à Bardia, j’ai dû faire face à un changement de planning important. Du coup je suis un peu bloqué à Pokara pour 4-5 jours.

J’en ai profité pour faire des lessives, m’avancer sur du boulot, mais je n’allais pas rester 5 jours sans bouger. Ce matin avant le levé du soleil, je suis parti sac sur le dos dans les montagnes environnantes.

En route pour 3 jours dans la vallée de Pokara

En route pour 3 jours dans la vallée de Pokara

En route pour une excursion improvisée. Je connais à peine les étapes, et ma carte de la région est vraiment à chier. Pas de soucis, mieux qu’une bonne carte : demander son chemin aux locaux. Bon certes, cette technique à une faille : lorsque vous vous retrouver à un croisement et qu’il n’y a personne à 5km à la ronde…

Du coup, je me suis un peu perdu et retrouvé dans des sentiers impraticables, voir plus de sentiers du tout parfois. J’ai dû couper à travers la forêt, en suivant ma boussole.

En route pour 3 jours dans la vallée de Pokara-2

En route pour 3 jours dans la vallée de Pokara-2

Je n’ai rencontré que très peu de gens durant cette journée de marche, frustrant pour moi qui aime faire du portrait… sans compter qu’en ce moment le temps est très chargé, on ne voit même pas le paysage.

Et si je repartais pour 4, 5 ou 6 jours ?

Maintenant que j’ai avec mon bébé au complet, je me suis dit qu’il ne serait pas inintéressant de retourner sur les traces de mes anciennes excursions, là où il m’avait manqué…

Me voici reparti pour quelques jours, à travers les montagnes de la vallée de Katmandou. A vrais dire, j’ai bien pris mon ordinateur avec moi, mais c’est qu’aujourd’hui (samedi 13 mars) que je l’ouvre pour la première fois depuis 4 jours. Est-ce un signe que j’éprouve de moins en moins le besoin d’écrire ?

Revenir sur mes traces, c’était immanquablement revoir la famille de Santos, retourner à Nagarkot et pourquoi pas me refaire les dures montés du treck d’Helambou (cette fois-ci chargé comme une mule).

J’ai fait pas mal de choses pendant ces 4 jours, mais n’aimant pas trop écrire au passé, je vais plutôt vous livrer quelques anecdotes en vrac.

  • J’ai vu un gamin se coiffer (coupe en brosse ^^) et se graisser les cheveux avec de l’huile de cuisine. Je lui ai décoché un grand sourire, nous qui faisons la guerre aux cheveux gras…
  • J’arrive enfin à manger le Dal Bhat (grande assiette de riz avec une soupe aux lentilles, régulièrement accompagné de divers légumes) avec les mains, sans trop en mettre partout.
  • J’ai rencontré des militaires qui testaient le nouveau camouflage “buisson ambulant”
camouflage buisson

camouflage buisson

(…)

(…)

  • Ce n’était pas des militaires
camouflage buisson-2

camouflage buisson-2

  • Si je continue les marches à ce rythme, je vais bientôt avoir des cuisses et des fesses en béton armé, certifié ISO 9001.
  • Les népalais mangent très salé, très sucré et TRES chaud… je me brule à chaque fois que je commence le thé (ou tout autre chose) en même temps qu’eux.
  • La plupart des bus et camions sont fabriqués par une marque qui s’appelle TATA et un grand-père que j’ai rencontré se faisait appeler Mémé… Mais que fait la police ?
  • Aujourd’hui, j’ai fait la plus grosse marche, 7h30 avec 1h de pause à midi. A mon point d’arrivée, je découvre un panneau d’information (très rare ici) pile poil sur le trajet que je viens d’effectuer (c’est sur, dieu essaye de me faire un signe). Il est marqué qu’il faut compter 7h (YEAHAA !!! j’ai mis 30min de moins, avec 22kg sur le dos !) et que ça représente 18km… (là je pleure, je n’ai même pas atteint les 3km/h).

Aujourd’hui, vers la fin de cette (longue) journée, je rencontre 2 VTT (enfin les cyclistes, je n’en suis pas encore à parler aux vélos) qui allaient dans le même village, où je comptais planter ma tente. Ils me conseillent plutôt de dormir en lodge (petits hôtels/restaurants présents sur les chemins de treck). Moi qui voulait faire budget réduit, je demande tout de même le prix “pour voir”, de toute façon je n’ai plus de nourriture avec moi.

60 centimes d’euros pour la nuit, avec en prime de l’eau chaude pour la douche. Hum… Je vais peu-être changer mes plans concernant l’utilisation de ma tente… Bon certes la chambre ressemble plus à une cellule de prison qu’à une chambre d’hôtel. Mais mince, un matelas, des murs et UNE DOUCHE CHAUDE pour 60 centimes !!! (à titre de comparaison, je paye ma chambre à Katmandou 5€ par nuit)

Sur ce, bonne nuit, une dure journée m’attends demain.

Retour sur Katmandou, après la nuit chez Lakpa

Ma journée d’hier ayant été plus courte que prévu, je reprends ma carte au petit matin, pour planifier le retour via Melamchi Pul. Lakpa et son petit frère me conseillent plutôt d’aller à Galthum pour prendre le bus… mais aucun chemin sur ma carte.  =/

Tant pis, je suis leur conseil avec détermination, bien décidé à demander mon chemin à TOUS les locaux que je rencontrerais.

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo

bienvenu chez Lakpa, enfin non chez Kinjo

Bingo, je croise sur le chemin 2 personnes qui allaient à Gatlhum, avec qui j’ai donc fait le chemin du retour. Ils me font passer par des chemins impraticables, dont je comprends maintenant pourquoi ils n’étaient pas sur la carte.

Expérience assez surréaliste, de les voir galoper comme des dingue à travers les éboulis de pierre, alors que je peine à poser mes pieds correctement. (PS : je suis équipé de super chaussures de marche, et eux de claquettes de plage… no comment).

On s’arrête dans un petit village, je suis invité avec eux à prendre un verre de thé. Il y a un couffin sur la table, pleins de gens autour. Personne ne parle anglais. Je ne parle pas et ne comprend pas le népali. Je suis là, seul et pourtant entouré d’eux, devant ce couffin. Moment de sourire et de sérénité **.

Le retour en bus fut éprouvant, 6h mal assis, dans les bouchons… à l’avant à côté du klaxon.

2ème jour de marche en solo, la déprime me guette

Il est très étrange de s’apercevoir que mes pensées reviennent de manières récurrentes, toujours les mêmes pensées dans les mêmes situations. Par exemple je vais penser toujours aux mêmes personnes devant un beau paysage, ou toujours aux mêmes sujets dans un bus.

Moi qui pensait que l’effort me viderait la tête, au contraire mon cerveau fonctionne 10 fois plus vite. En marchant, je n’ai rien d’autre à faire qu’à penser. Au passé, au futur, mais beaucoup de mal à me concentrer sur le présent. J’ai donc beaucoup ressassé de “pourquoi”, de “et si” et de “et merde”.

2eme jour de marche, la deprime me guette-2

2eme jour de marche, la deprime me guette-2

Même le Malin a placé des pièges sur ma route. J’ai presque pas hésité, et puis de toute façon je n’avais pas de dollars sur moi…

Bon bon bon, c’est pas le tout, mais j’ai aussi vu des choses sympa sur ma route.

2eme jour de marche, la deprime me guette

2eme jour de marche, la deprime me guette

Comme ces paysages népalais, qui me font penser aux maquettes d’étudiants en architecture. Vous ne trouvez pas qu’avec ces cultures en escalier, on a l’impression que les montagnes sont faites d’empilement de cartons plume ?

En tout cas j’ai trouvé pour dormir, un endroit encore plus sympa que la nuit dernière

En route pour un mini-treck de 3 jours

Katmandou n’est pas une ville qui me botte particulièrement, trop bruyante, trop de monde, trop polluée…

Le fameux colis en provenance du Japon étant déjà sur la route, il me fallait encore attendre 5 jours ici pour le recevoir. L’expérience de la première excursion, bien qu’un peu difficile, me donna envie de renouveler l’aventure. Me voici parti pour Sundarijal, sur les pistes du treck d’Helambu !

En route pour le treck d'helambu

En route pour le treck d'helambu

J’y ai encore croisé une école, une petite école de montagne avec une seule classe. Toujours très intéressant de discuter avec l’institutrice, mais pour elle encore bien trop peu d’élèves sont scolarisés, surtout dans les petits villages.

Sac à dos plus léger, corps un peu mieux préparé, tente et matériel autonome pour faire low-budget. Et bien ça ne m’a pas empêché d’en chier un max. Montés et descentes très abruptes (environ 1500m de dénivelé) sur tous type de chemins. Autant vous dire que dès que j’ai trouvé un endroit sympa pour poser ma tente, je n’ai pas réfléchi longtemps.

En route pour le treck d'helambu-2

En route pour le treck d'helambu-2

T’a vu Ruben, j’ai pas oublié tes conseils… ou du moins je m’en suis souvenu sur place. Bâtons de marche home-made, toujours très pratique ce Leatherman.

Le montage et le démontage de la tente m’a valu la curiosité et l’excitation de tous les enfants du village. Deux d’entre eux ont même insisté pour la plier avec moi.

Sacrifices pour la déesse Kali

Hier après-midi, sur un coup de tête, je décide de prendre le local-bus pour Pharping, afin de pouvoir dormir sur place et assister ce matin aux aurores, aux fameux sacrifices de Dakshin Kali.

Boucs et coqs sont égorgés puis décapités pour cette déesse assoiffé de sang. Ça se fait tous les samedis matins, et en famille s’il vous plait !

J’avais lu que les touristes n’étaient pas admis dans le temple, j’y ai été invité et même autorisé à y faire des photos. Je vous épargnerais ça, vraiment. J’en ai eu encore mal au cœur rien qu’en les triant.

Boucs et coqs, lavés pour être sacrifiés à Kali

Boucs et coqs, lavés pour être sacrifiés à Kali

Le peu de ferveur religieuse dans le geste des bourreaux (écouteurs d’ipod dans les oreilles) et le travail à la chaine si bien orchestré, a fini de m’écœurer pour de bon.

Je suis allé finir ma matinée dans un monastère bouddhiste, de quoi décompresser dans le calme et la sérénité.

Aller et retour sur le toi du local-bus, je me suis mangé une bonne dizaine de bombe à eau, normal demain c’est Holly. Je m’y prépare activement, à la guerre comme à la guerre !

Bienvenu chez Santos

Suite de la petite excursion à Nagarkot, après le levé de soleil, l’école qui surgit de nulle part, me voici arrivé au temple de Sangu Narayan (magnifique d’ailleurs).

Traditionnellement, je me pose et un pseudo-guide vient me voir pour essayer de me proposer ses services. Je dis non tout de suite – je déteste cette attitude, si j’ai besoin d’un guide je sais où en trouver. Mais il s’installe, commence à discuter avec moi. Je lui dis que je voyage avec un minimum d’argent, et que je ne sais même pas si j’aurai assez d’argent pour prendre le bus pour Katmandou, il ne faut donc pas trop que je tarde, si je veux en faire un maximum à pied.

Et là, spontanément, il me dit qu’il aime les gens qui voyagent sans argent, alors je pourrais rester dormir ici et manger avec sa famille ? Comme ça je repartirais demain en pleine forme. J’hésite… et puis pourquoi pas ?

Je passe la fin d’après midi au Temple avec lui, puis là soirée chez lui dans son village natal, avec sa femme et ses enfants.

bienvue chez Santos

bienvue chez Santos

Je mange avec eux, cuisine végétarienne (la viande est trop chère), pour la première fois rien qu’avec les doigts (j’ai encore des progrès à faire, j’en ai foutu partout), je discute de ses projets…

La soirée se termine sur une partie de “Goats and Tigers” avec son fils. (erratum, j’avais marqué Ghosts au lieu de Goats, erreur corrigé)

bienvue chez Santos-2

bienvue chez Santos-2

La journée du lendemain fut inoubliable, mais je la garderais pour moi. J’en ai pleuré des larmes de sang, sauf que là ce n’était pas au sens figuré.

Playliste de : Gé // Levé de soleil sur l’Everest

Bien décidé à ne pas attendre mon objectif Hasselblad sans rien faire.
Ah oui c’est vrai, j’avais oublié de vous dire que c’est l’adorable Kapoué qui c’est occupé de me le dégoter dans les petites boutiques de Tokyo.
J’attends donc avec impatience ce cailloux, venu tout du droit du Japon. Une fois reçu, hasta la vista Katmandou, je me barre dans le fin fond de la jungle Népalaise.

Je disais donc, bien décidé à ne pas attendre sans rien faire, je me suis lancé dans une première excursion de 2 jours, pour grimper au sommet de Nagarkot (petit sommet de la vallé de Katmandou situé à 2000m).

Ce n’est pas un hasard si je suis monté là haut, c’est parait-il d’ici qu’on voit le plus beau levé de soleil de la région, tout droit au-dessus de l’Himalaya, en direction de l’Everest.

gé playliste

gé playliste

Bon, j’ai un peu triché, car je n’ai pas pris de baladeur MP3, et les playlistes que vous m’avez concoctés sont sur mon laptop. Pas pratique de faire des photos avec un ordi à côté. J’ai donc écouté les musiques de Gé en dessinant ça, juste une heure après la photo…

gé playliste-2

gé playliste-2

Ce sont les montagnes du Langtang, à l’ouest de l’Everest si vous préférez.

Je vous assure que de voir ce levé de soleil sur la vallée encore embrumé, c’est…

Le dernier Tsaatan