Remi Chapeaublanc | Photographer

Enfin à Astana…

Après cette journée assez hallucinante de lutte grêco-romaine, je me suis retrouvé comme un con à espérer qu’un coach ou un lutteur m’aiderait à trouver une solution pour rejoindre Astana. Tenter de faire à moto les 320 km qu’il me restait avec cette route entièrement gelé et aurait été du suicide. Mais tous les jours ne peuvent pas être remplis de rencontres magiques… le soir de la compétition je me suis retrouvé tout seul, sans aide, dans cet immense dortoir ; les jeunes champions avaient désertés les lieux juste après leurs combats. Grand moment de solitude.

J’ai finalement réussi à attraper par la manche un dernier coach qui avait traîné plus longtemps que les autres, le suppliant de m’aider car il parlait russe et un peu anglais. Après quelques coups de fil, il a réussi à dégoter quelqu’un qui avait une remorque et qui voulait bien m’emmener avec la moto jusqu’à Astana. L’homme en question est arrivé – avec 3h de retard – pour voir s’il pouvait prendre la moto et me demander la modique somme de 20 000 Tuengue (environ 100€, mais pour ici c’est énorme). Un Turc qui passait dans le coin m’a dit que je me faisais enfiler bien comme il fallait, en même temps je n’avais pas tellement d’autre solution… du coup on est allé se descendre une bouteille de vodka avec un ami à lui. Soirée super sympa.

Triste voyage pour Astana

Le lendemain, l’homme en question est venu me chercher – avec 2h d’avance – pour charger la moto. Barbara mal en point sur la remorque, moi tristounet sur le siège avant, il me parlait russe et pensait surement me faire plaisir en mettant du Joe Dassin pendant toute la route… j’ai eu envie de me tirer une balle tellement ce trajet de 5h fut déprimant.

Finalement arrivé à Astana, je me pose rapidement dans un hôtel, dépose mes affaires et file au restaurant pour me remplir le ventre. Un classique, ils n’ont que des menus en cyrillique. Je me prépare donc à faire mon coup de poker favoris : choisir un plat au hasard, sans savoir ce que je vais manger… quand tout à coup une voie à une table voisine me dit « Can I help you ? I speak english, italian or french if you want. »

Je venais de rencontrer Toni Candeloro, danseur et chorégraphe italien qui est à Astana pour mettre en scène le ballet d’Esmeralada, accompagné d’une amie Géorgienne, qui elle parlait parfaitement italien et russe. Ils m’invitent à manger avec eux et le repas fut excellent. Je parlais français, il traduisait en italien, elle traduisait en russe, la serveur prenait la commande en Kazakh.

4 commentaires

Génial!!! Tu sais que tu nous fais vivre un film à suspens haletant, Rémi?

J’ai hâte de lire la suite.
V.

Écrit par Aeros'Miss, il y a 5 ans Répondre

Et au final tu avais ce que tu avais demandé ? ;)

Écrit par Ren, il y a 5 ans Répondre

MAGIC TRAVEL IS MAGIC.

Keep it up, en lisant tes aventures entre deux prises de tête XML, je voyage sans bouger, c’est top ! :D

Écrit par Daz, il y a 5 ans Répondre

Ce sont de superbes aventures que tu vis (et nous fais vivre) là.

Mais sérieusement, depuis que tu es parti tu ne t’es pas mis au cyrillique encore, c’est pas si compliqué !? (ici je parle juste de déchiffrer les mots, pas de parler le russe…)

Écrit par Franck C., il y a 5 ans Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *