Remi Chapeaublanc | Photographer

Les étapes

Un point (russe) sur la situation

Comme vous aurez pu le remarquer, la fréquence des nouvelles commence à diminuer. Et pour cause, cette traversée expresse de la Russie ressemble plus à une course contre-la-montre qu’au voyage tranquille que j’avais prévu. Je vous avoue que j’ai hâte d’être arrivé au Kazakhstan pour souffler un peu, cette pression des visas ne me plait pas du tout. J’aimerais prendre plus de temps, pour rencontrer les gens et mieux savourer les lieux traversés.

Depuis les dernières nouvelles, il y a eu :

  • un diagnostic compliqué et une dérivation « à la Rémi » de la pompe à essence qui fait des siennes
  • un arrêt en catastrophe dans la campagne, de nuit, sous la pluie
  • une opération « Sauvetage Ukrainien »
  • une rencontre trop courte avec des motards de la région
  • une réparation expresse avec des pièces d’un scooter
  • un échec cuisant à la frontière Russe par manque de baksheesh
  • un passage avec succès le lendemain, sans baksheesh alors que j’étais allé retirer de l’argent pour…
  • une première étape Russe dans le froid piquant et sans carte de la région

J’aimerais bien vous raconter en détails tous ces épisodes, mais je n’aurais pas le temps à moins de me poser 2 jours dans un hôtel avec Wifi. Du coup je me demandais, lesquelles de ces aventures voudriez-vous lire dans les détails ?

Ce matin j’ai enfilé les sous-vêtements thermiques en pure laine, j’espère pouvoir atteindre les 560 km qui m’attendent aujourd’hui, la plus grosse étape tenté pour le moment.

Barbara en Ukraine

 

Pourquoi Barbara n’ira pas boire de vodka à Moscou

Initialement, Rémi et Barbara avaient prévu de faire un petit crochet par la capitale russe. Enfin « petit ». Un crochet de 2000 kilomètres tout de même. L’objectif était de découvrir Moscou et de passer faire un petit coucou à Silphi. Oui mais entre temps, notre belle Africa Twin a dû passer sur le billard pour sa greffe de moteur. Résultat, entre la recherche du donneur, l’opération et la convalescence, notre équipe a pris beaucoup de retard sur son planning.

Dans un monde parfait, ça n’aurait eu aucune conséquence. Malheureusement, notre monde est bien plus terre à terre et le visa russe de Rémi expire dans 5 jours. Tic tac tic tac tic tac. Le Kremlin, le théâtre Bolchoï et la vodka moscovite, ça sera pour une autre fois. La traversée de la Russie se fera en version express jusqu’à la frontière avec le Kazakhstan. Ce soir, Rémi dort pour la dernière fois en Ukraine. Demain, cap sur Astrakhan !

Donc là je viens de me faire kidnapper mon équipement moto ?

Je vous écris en live depuis « HOTEL KHARKOV » sûrement l’hôtel le plus chique de Kharkiv en Ukraine. Vous expliquer comment j’ai atterri dans cet hôtel beaucoup trop luxueux pour mon voyage, serait une tout autre histoire.

En fait pour la faire courte, le voiturier m’avait dit de garer ma moto dans le garage privé de l’hôtel (dont le prix est évidemment en supplément de la chambre). Etant donné que je devais aller manger dans le centre-ville, j’ai monté la plupart des affaires dans ma chambre et j’ai laissé à l’emplacement de la moto : les pneus cross et deux sacs contenant les trépieds du studio photo, le tout accroché ensemble avec ma chaîne. C’est un parking privé et gardé, aucune crainte, j’ai juste fait ça pour « garder » la place. Et puis bon, qui irait voler des pneus de moto ?

Revenu 2h après, plus de pneus, plus de sac et une jolie voiture à la place.

Je vais chercher les mecs de la sécurité, qui ne me parlent qu’en russe et peinent à comprendre ce que je leur explique. Soit ils se foutent de ma gueule, soit c’est un coup monté, soit je ne sais pas. Ils ont beau faire minent de chercher dans les recoins avec leurs une lampe torche, je crois que je vois très bien là où ils veulent en venir. Ils me baladent partout et disent qu’il faut regarder les caméras de sécurité pour comprendre ce qui c’est passé. Je suis donc seul, avec deux gorilles russes à côté de moi, dont l’un avec une grosse Maglite dans la main droite.

J’ai déjà payé assez cher cette chambre comme ça, il est hors de question que je passe par le baksheesh retrouver mes roues… et pourtant, là, je ne vois pas d’autre solution. Je vais voir l’accueil de l’hôtel, explique le problème, et première proposition : « Vous voulez prévenir la Police ? » . Non non, merci, la police ici c’est pire que les services de sécurité. Du coup je décide de coller l’un des gorilles au basques, sans me dégonfler, pour lui montrer que je resterais là à le faire chier tant qu’il n’aura pas retrouvé mes roues. Ce manège a duré environ 1h.

Jusqu’à ce qu’il m’emmène de lui-même revoir la fille de l’accueil pour servir d’interprète. Elle me dit qu’ils ont besoin de temps pour chercher, que je peux retourner dans ma chambre, qu’ils m’appelleront lorsqu’ils auront retrouvé mes affaires. Sincèrement, je ne sais plus quoi faire. Je fais ce que l’hôtesse me dit, elle a l’air plutôt honnête et aussi désemparée que moi.

Cela fait maintenant 20 minutes que je suis dans la chambre à tourner en rond. Que faire ? Pour moi il n’y a que peu de doute, c’est un coup monté pour récupérer du baksheesh.

ÉPILOGUE et fin mot de l’histoire

L’accueil fini par m’appeler, environ 1h après que je sois remonté. Ils ont retrouvé mes affaires et me proposent de les mettre dans une safe-room. Hors de question tant que je n’ai pas checké que tout était là ! Du coup j’insiste et descend pour voir les mecs de la sécurité… qui finalement me conduisent au parking. Un deuxième mec arrive, avec des clefs, ouvre le coffre de la voiture d’à côté et sors mes pneus. Je n’en crois pas mes yeux et ne comprend rien à cette histoire. Du coup j’ai refusé poliment la safe-room, j’ai attaché les deux pneus à ma moto avec la chaîne et je suis remonté dans ma chambre avec les trépieds photo. Je ne résoudrais surement jamais l’énigme de cette histoire, mais vivement que je passe en Russie !

Tu sais que tu arrives à l’Est lorsque tu ne trouves plus de SP-98

Tu sais par contre que tu es arrivé en Ukraine lorsque tu trouves du SP-76 !

Essence en Ukraine

D’ailleurs – pour l’anecdote – la Vodka coûte à peu prêt le même prix au litre…

PS : Je ne trouve plus de SP-98, mais par contre j’ai trouvé sur quelques rares stations du « 100 » . Est-ce que quelqu’un sait si je peux mettre ça dans mon moteur ?

PS-2 : Désolé de ne pas pouvoir poster plus, mais en ce moment je dois vraiment passer beaucoup de temps sur la route à cause de mon visa Russe qui expire dans quelques jours, d’autant plus que les connexions se font de plus en plus rares… DESOLAY.

Bienvenu en Ukraine ou Ce que j’ai retenu de la Pologne

Cela fait maintenant 2 jours que je roule en Ukraine, et tout ce que je puisse dire c’est que ce n’est pas de tout repos. Temps merdique, froid et brume glaciale, tout autant que l’accueil des gens pour le moment. Première impression de l’Ukraine ? Froide.

Bienvenu en Ukraine

Attention, ce n’est qu’une première impression et le temps n’aide pas à l’affaire. Mais ce qui est sur, c’est que je m’attendais pas à un tel faussé entre l’Ukraine et la Pologne. Deux polonaises se moquaient de l’Ukraine en disant que c’était le moyen-âge… en effet je comprends ce qu’elles voulaient dire par là. On ressent bien que l’emprise communiste Russe a laissé (un peu plus que) des traces.

Aujourd’hui pour l’exemple, j’ai croisé plus de charrettes tractées par des chevaux sur les 2x 2 vois, que de voitures « types » européennes…

En tout cas, ce que j’aurais retenu de la Pologne :

  • Qu’ils adorent la soupe et font d’excellentes saucisses
  • Que le cout de la vie est le même qu’a Paris (lorsque tu oublies de convertir les zlotys en euros)
  • Que les Polonais sont accueillants et très bavards !
  • Qu’ils sont sur le même fuseau horaire que nous… mais avec 2h de décalage « solaire »

La journée avait pourtant bien commencé…

Vous avez trouvé cette vidéo ennuyeuse ? sans intérêt ? Regardez là alors encore une fois, mais en imaginant ce vent glacial de 7,4°C qui pénètre entre chaque couche de vêtements malgré les fermetures jusqu’au menton, cette pluie battante qui vous fouette le bas du visage, car si vous rouliez visière fermée vous auriez de la buée en moins de 47 secondes malgré le système anti-buée, cette monotonie angoissante des routes polonaises, cette soudaine impression que vos chaussures ne sont plus étanches à cause de cette sensation piquante du froid qui vous traverse les pieds, puis cette marre d’eau stagnante et glaciale qui vous confirme que vos chaussures ne sont effectivement plus étanches. Imaginez cela pensant toute une journée. Et bien pour moi cela risque de n’être qu’un début… mais je l’aurais bien cherché vous auriez tort de ne pas me rétorquer.

Cette journée fut une véritable épreuve physique, et j’en suis littéralement épuisé. Mais regardons les choses du bon côté, le froid maintient l’attention !

Mercredi c’est Urbex

L’Urbex (pour Urban Exploration), c’est cette manie qu’ont les photographes (et autres curieux) à aller fouiller d’anciennes usines ou autres sites urbains abandonnés.

Hier c’était à Katowice (Pologne) dans une usine de céramique, laissé pour compte du jour au lendemain il y a maintenant 3 ans. C’est toujours assez étrange de se retrouver dans ce genre de lieux, abandonné à la nature en moins de 24h, des effets personnels encore dans les tiroirs des bureaux, comme si des fantômes allaient venir y reprendre le travail.

Urbex a Katowice

Urbex a Katowice

Urbex a Katowice

Urbex a Katowice

Urbex a Katowice

Je suis rentré dans cette usine grâce à une étudiante en design, rencontrée la veille à l’auberge de jeunesse. Elle avait un workshop sur les sites industriels de Katowice, parfait !

Aujourd’hui dodo, Demain des photos

La journée d’aujourd’hui fut intense, avec la moitié du temps chez AP Moto à bosser avec les mécanos sur la moto et l’autre moitié à faire de l’exploration urbaine (Urbex pour les intimes) dans une ancienne fabrique de céramique… Photos à suivre !

Reparations de Barbara

Urbex à Katowice

En plein dans les galères, jour 2

Pour faire suite aux précédents épisodes de Barbaras’s galères, voici ce qui est arrivé le lendemain.

Barbara’s galères E04S01, Le mystère de l’huile disparue.

Ce matin je décide de me lever tôt, pour aller checker la moto rapidement et prendre une décision sur la suite des opérations.

Ouf, l’auberge de jeunesse a un accès Wifi… Et merde, j’y ai bien passé deux heures. Par mail, chacun y va de ses hypothèses pour comprendre le mystère de l’huile disparue. Un joint de moteur qui aura cédé ? Une fuite qui serait passée inaperçu ? Le garage qui m’a fait la vidange avant de partir qui aurait oublié d’en remettre ? Pourquoi le voyant d’huile ne c’est pas allumé ? Comment un défaut pareil aurait-il pu échapper au contrôle Honda qui a été fait avant de partir ? Ce mystère reste entier et n’a toujours pas été élucidé.

D’ailleurs, juste après avoir répondu aux emails, je suis directement allé voir la moto. Vérifier qu’il n’y ait pas de tâche dessous et regarder ce qui était devenu du litre d’huile rajouté en urgence hier soir. Soulagement et grosses réinterrogations… aucune trace d’huile et le niveau n’avait pas bougé depuis hier soir.

Je décharge donc complètement la moto et décide d’aller au centre Honda de Katowice, déniché par Clémence. Me voici donc sur la route, tout doucement comme hier soir, en essayant de trouver le régime moteur qui réduira au maximum les bruits et les vibrations.

Moment de solitude

Barbara’s galères E05S01, Le dédale de Katowice.

Ayant bien inspecté les plans avant de partir, j’arrive sans trop de problèmes à trouver ma route jusqu’au centre Honda. Mais à mi-chemin, voici le moteur qui boude et ne veut plus tourner. Petite frayeur qui ne durera pas longtemps. Je force un peu sur le démarreur et me voici reparti, avec quelques goûtes de sueurs supplémentaires sur le front.

Arrivé au garage Honda… qui n’a pas trop la tête d’un garage. Mais bon l’adresse et le nom sont bons, je me gare et entre. Une jolie polonaise m’accueille avec un grand sourire, qui s’efface vite lorsqu’elle comprend que nous n’avons aucune langue en commun. Elle me fait tout de même comprendre qu’ils ne sont pas un garage, mais juste un concessionnaire et qu’ils ne font aucune réparation. PHOOOQUE !

Je ne perds pas espoir, sort mon super téléphone-GPS-qui-me-coute-super-cher, pour aller au garage moto le plus proche… à l’autre bout de la ville. Je lance la navigation GPS, de toute façon au point où j’en suis je ne suis plus à 30 euros prêts. Et c’est reparti pour un tour à traverser la ville à la vitesse complètement dingue de 20 km/h.

Le cerveau en mode « prières », je suis scrupuleusement les indications du GPS sans me poser trop de questions. « Sortir à 350m à droite » j’exécute… OH WAIT ! Ce n’est pas une bretelle d’entrée d’autoroute que je viens de prendre ? Pourquoi ai-je la mauvaise sensation que la route où je devrais être est celle qui est pile poil EN DESSOUS de moi ?

Et me voici reparti involontairement sur l’A4… en direction de Cracovie. Chouette :(

Remoquage de Barbara

Barbara’s galères E06S01, La sortie maudite de l’autoroute A4.

Pas de panique, malgré que mon GPS me propose de faire un demi-tour en pleine autoroute, je décide de continuer jusqu’à la première sortie. 7 km plus loin je la vois arriver, je souris, le moteur bloque et j’arrête de sourire. Démarreur, rien à faire. Je pousse, la roue ne tourne plus. Un coup de kick… à oui c’est vrai je n’ai pas de kick.

Résultat, je me mets au point mort et commence à pousser pour mettre la moto sur le côté. Et bien, 220 kilos à pousser sur 500 mètres de cote, ce n’est pas ce que j’ai connu de plus simple. Un type fini par s’arrêter et sans poser de question se place derrière la moto pour m’aider à finir de la mettre hors de la route. Il ne parle pas non plus anglais et me souhaite bonne chance avec une tape dans le dos. Merci mec.

Clémence s’occupe de contacter mon assurance, c’est l’assistance qui prendra la relève. On notera tout de même que le contact polonais (qui parle parfaitement français) aura mis environ 2h30 et 4 coups de fil pour réussir à me localiser malgré mes explications en plus des dernières positions GPS…

L’attente fut longue, très longue, mais lorsque ce stéréotype du dépanneur polonais (une armoire à glace, quasi blond, la coupe mulet et des biceps gros comme mes cuisses) j’eu tout d’un coup envie de le serrer très fort dans mes bras. Je n’aurais pas pu, mes bras sont trop courts. Il était tout de même marrant ce type, car même après avoir compris que je ne parlais pas un mot de sa langue, il continuait à me tchatcher en polonais avec le sourire.

Après avoir déposé la moto dans un garage, un taxi est passé me chercher et prendre mes affaires au « Jopi Hostel » . Le taxi-men n’a pas fait le malin lorsqu’il m’a vu sortir avec ce sac à dos plus grand que moi, mes deux caisses de moto, la sacoche de réservoir et les pneus rallys…

Retour à Cracovie en taxi

Le voyage Katowice – Cracovie en taxi fut d’une tristesse incroyable, heureusement que Nicolas m’attendait à l’arrivée. Parler moto, photo et bio-informatique (en français s’il vous plait) associé à un accueil royal, me fut le plus grand bien.

Début des galères, jour 1

Ceux qui suivent les aventures sur Twitter ont déjà eu un petit aperçu des mésaventures de ces trois derniers jours. Mais impossible de le résumer en un seul billet de blog, du coup je vais essayer de mettre tout le monde à niveau… en plusieurs épisodes !

Barbara’s galères E01S01, Combats en campagne polonaise.

Hier matin (enfin 11h quoi) après une soirée polonaise alcoolisé, je décide enfin de me bouger les fesses et de prendre la route pour Krakow. Cracovie est l’une de mes deux étapes obligatoires – étant donné que c’est là-bas que je pourrais y récupérer mon passeport, envoyé chez Nicolas un très bon ami d’une très bonne amie.

L’étape étant très courte et l’autoroute commençant sérieusement à me gonfler, je décide de me rallonger et de prendre les petites routes de campagnes polonaises. Ma carte d’Europe n’étant pas assez précise, je m’aide de Google Map et prend soin de noter sur un morceau de papier le nom des villes que je vais devoir suivre pour arriver à bon port.

Mais très vite, les indications des panneaux n’indiquent plus rien de ce que j’ai pu noter… je navigue au juger. Qu’à cela ne tienne, il est 14h, le soleil indique le Sud, je dois avancer vers le Sud-Est… je décide donc de naviguer au cap en m’aidant du soleil !

Petite précision pour ceux qui m’ont conseillé de prendre une boussole : je l’ai aussi envisagé avant de vite me rendre compte que c’était inutile vu les champs magnétiques que pouvait générer une moto. Si je fixe ma boussole sur la moto, c’est très simple: le nord est toujours indiqué à ma droite… pas très utile donc.

Naviguer au cap à travers la campagne polonaise, un vrai régal comparé à l’autoroute. Mais cela n’était rien encore à côté de ce qui m’attendait.

Eglise Polonaise

Barbara’s galères E02S01, A la poursuite des Tchèques.

Vers 16h, je me retrouve naturellement pas très loin de la frontière de Tchèque. Et pourquoi ne pas faire un crochet alors qu’on m’en avait fait que des éloges  ? Ni une ni deux, je fonce vers le sud.

Quel ne fut pas ma surprise, ainsi que ma déception. Non non, la République Tchèque ne m’a pas déçu au contraire. La déception était de ne pas y être allé plus tôt ! Des paysages magnifiques, des routes dans un état exemplaire, des signalisations précises et parfaitement claires et cerise sur le gâteau : personne sur les routes mise à part quelques cyclistes souriants… Un vrai terrain de jeu  et à vrai dire je m’y suis donné à coeur joie.

Mais la lumière commence à baisser et il ne faudrait pas trop tarder si je ne veux pas trop rouler de nuit. Deux motards m’indiquent la route la plus rapide pour retrouver Cracovie : « C’est simple, tu traverses la ville (Ostrava), tu verras c’est indiqué, il faut prendre l’autoroute ». Pas de soucis, je traverse la ville, et traverse la ville… et toujours rien… jusqu’à me retrouver dans des sombres quartiers HLM d’Ostrava. Je ne comprends pas, il y avait bien des indications d’autoroute, mais aucun nom de ville que je puisse localiser sur ma carte.

Une horde de gamins me tombe dessus, tout content de voir une grosse moto, mais moi là j’aimerais juste rentrer. Malgré que personne ici ne parle anglais, j’arrive à me faire comprendre. Un type m’explique la route à suivre, en utilisant uniquement des gestes et des noms de villes. Parfait, je retrouve mon chemin et prend l’autoroute dans la direction indiquée. Super… jusqu’à ce que 5 km plus loin, l’autoroute en question soit fermé avec obligation de sortir… là ! C’est-à-dire, rien qui ne soit inscrit sur ma carte.

Je cherche, je fais des tours de rond point, je reviens… et arrive enfin à comprendre à peu prêt où je suis. Je me dépatouille pour au moins franchir la frontière polonaise ; me voici de nouveau sur une route connue, en direction de Cracovie. Je roule et vite, car là j’ai hate de rentrer.

Barabara en République Tchèque

Barbara’s galères E03S01, Le retour des Polonais.

Quand soudain, encore une route barrée, évidemment sans indication ni itinéraire de déviation…

Je craque, j’allume mon smartphone, lance le GPS sur GoogleMap en roaming (pour ceux qui n’auraient pas compris ce dernier terme, ça veut juste dire que ça va me coûter très cher). Je rentre l’adresse de destination et me laisse guider avec soulagement pour la suite de l’itinéraire. Je fonce, je double, j’arrive de nouveau sur une autoroute, je continue gaz à fond, j’ai vraiment très hâte d’arriver.

Si seulement le récit s’arrêtait là, ça aurait été une belle journée. Car c’est sur cette autoroute A4, à hauteur de Katowice que mon moteur a commencé à faire des siennes. Perte soudaine de puissance, de moins en moins de gaz, je ne comprends pas… et ce bruit qui se fait de plus en plus présent. Je m’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence, fait le tour de la moto, remarque une odeur suspecte, mais rien ne me semble anormal à vu d’oeil.

Je passe deux coups de fil, l’un à Nicolas pour le prévenir de mon problème, l’autre à mon oncle pour avoir un avis technique. Il me demande de checker le niveau d’huile et écoute le bruit au téléphone. Vision d’horreur, mes deux litres d’huiles se sont évaporés. Il n’y a que peu de doutes… je viens a priori de couler une bielle. Mon moteur ne tournerait donc plus qu’avec un piston sur deux.

Il est plus de 21h, il fait nuit, je suis encore à 70km de Cracovie, je prends la décision d’aller passer la nuit à Katowice pour y voir plus clair demain matin. Clémence, la plus géniale des assistantes, prend la relève et m’envoie par sms des adresses de garages, une adresse d’auberge de jeunesse et s’occupe de contacter les bonnes personnes. Du coup, j’y suis allé tout doux avec le moteur, pour venir m’écrouler de fatigue au « Jopi Hotel » de Katowice, à 10€ la nuit.

Statue de République Tchèque

La suite des aventures, dans les prochains épisodes…

Le dernier Tsaatan