Remi Chapeaublanc | Photographer

Touriste

Cette série, composée de 16 diptyques, est le fruit d’une réflexion personnelle sur le sens réel de la découverte et la place du touriste dans son voyage. Elle a été réalisée au Népal pendant une errance de 3 mois, sans itinéraire prévu. Elle a pour but d’interroger le spectateur sur sa propre identité en tant que touriste, le plaçant tantôt dans un rôle d’observateur et d’observé. Chaque diptyque présente deux visions d’une même personne, mettant le spectateur face à son choix inconscient sur la manière d’aborder cet inconnu

L’homme responsable organise, prépare, anticipe son voyage. Tout ce qui suivra ne sera alors plus que vérification et constat. À moins qu’il ait la chance de se perdre, de s’y perdre. Quelle place laisse-t-on à la découverte, si la destination est déjà connue ? La perte devient alors un remède, un passage initiatique, pour retrouver ce sens oublié de la découverte. Se perdre dans des digressions, découvrir, voyager plus humainement, c’est aussi partir à la découverte de l’autre. Se confronter au choix : prendre son temps, s’attarder sur les gens, s’approprier une partie de ce qu’ils sont ou continuer, ne garder qu’une image, un souvenir. Accepter la perte provoque des rencontres insoupçonnées, surtout avec soi-même.

 Le voyage est une digression, une autre vie passagère renouvelable indéfiniment, une réparation biographique en marge, une consolation (…) Le tourisme moderne veut faire un tour du monde de certitudes, qui doit avoir un sens clair et annoncé, par principe assuré. Il n’engage pas l’existence. Or voyager, c’est en partie abandonner sa vie au hasard, ne pas parvenir à s’adapter à l’inattendu, ne plus comprendre, et donc constitue un ratage (…) Voyager, c’est un acte de liberté. Le voyage peut nous briser en nous mettant face à nos limites, à nos rigidités ou à nos préjugés.
― Jean-Didier Urbain

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