Rémi Chapeaublanc | Photographe

famille

Nous sommes revenu de 5 jours de montagne

Comme le disait l’article précédent, la mission que nous nous sommes fixée avance plutôt bien !

J’ai retrouvé toutes les familles que je cherchais. Seule une petite fille manque à l’appel pour le moment, c’était la gardienne de buffle DU grand-père, que d’ailleurs tout le monde ici appelle « Mémé » … ah vraiment ces népalais !

Photo de Mémé

Photo de Mémé

Le bilan des retrouvailles est pour le moment très bon : 4 rencontres de la série TOURISTE, et 3 visages publiés dans Compétence Photo.

Le parcours pour retrouver ces personnes ressemble un peu à un jeu de stratégie, où on devrait relier des checks point par les lignes droites les plus courtes. Heureusement, ce jeu en vaux la chandelle, du moins celle qui éclaire nos chambres le soir. Et puis, soyons honnêtes, les chemins que nous empruntons ne sont pas si déplaisants…

Paysage pas dégeu

Paysage pas dégeu

Bienvenu chez le grand-père de Lakpa

Après ma reposante nuit à 0.6€, me voici reparti sur la route pour rendre visite à ma rencontre de la semaine dernière, Lakpa et toute la petite famille.

femme dans la montagne

femme dans la montagne

Sur la route, juste avant une dernière montée redoutable (l’angle du chemin doit avoisiner les 40°, constitué uniquement d’éboulis de pierres, sur environ 700m), je croise un vieux monsieur qui s’amuse à faire peur aux enfants avec sa canne, il en rajoute pour me faire rire. Je tombe sous le charme, sort mon appareil photo, mais il me fait signe que non. Tant pis, j’entame ma montée avec seulement son visage en tête.

Après moult essoufflements et douleurs aux cuisses, me voici enfin arrivé chez Lakpa. Sa belle-sœur me reconnait de suite (lui ayant des problèmes aux yeux, met au moins 20min pour me reconnaitre). Accueillis à bras ouvert, ils me proposent d’aller avec eux chez le grand-père de la famille, pour y diner et y dormir.

Vous voyez venir l’histoire grosse comme un yack, mais oui, que ne fut pas ma surprise lorsque je reconnus le grand-père en question, ce vieux monsieur croisé 3h auparavant, en train de jouer avec les enfants.

dessin grand pere

dessin grand pere

Pramuk Lama, 90ans, un personnage sombre et fascinant, ne marmonnait en Tamang uniquement lorsque c’est nécessaire, immobile le reste du temps.

La soirée fut simple, entouré de toute la famille, mangeant le Dal Bhat autour du feu.

Le retour sur Katmandou, le lendemain matin, fut plus solitaire que la dernière fois. D’ailleurs je me suis trompé de chemin à un croisement ; sans aucune indication sur ma carte, les pieds sur un sentier de 25cm de large, d’un côté la paroi, de l’autre la falaise, je ne faisais pas le malin…

Don’t worry, j’ai retrouvé ma piste et suis rentré à Katmandou… avec les horribles 7h de bus.

Bienvenu chez Santos

Suite de la petite excursion à Nagarkot, après le levé de soleil, l’école qui surgit de nulle part, me voici arrivé au temple de Sangu Narayan (magnifique d’ailleurs).

Traditionnellement, je me pose et un pseudo-guide vient me voir pour essayer de me proposer ses services. Je dis non tout de suite – je déteste cette attitude, si j’ai besoin d’un guide je sais où en trouver. Mais il s’installe, commence à discuter avec moi. Je lui dis que je voyage avec un minimum d’argent, et que je ne sais même pas si j’aurai assez d’argent pour prendre le bus pour Katmandou, il ne faut donc pas trop que je tarde, si je veux en faire un maximum à pied.

Et là, spontanément, il me dit qu’il aime les gens qui voyagent sans argent, alors je pourrais rester dormir ici et manger avec sa famille ? Comme ça je repartirais demain en pleine forme. J’hésite… et puis pourquoi pas ?

Je passe la fin d’après midi au Temple avec lui, puis là soirée chez lui dans son village natal, avec sa femme et ses enfants.

bienvue chez Santos

bienvue chez Santos

Je mange avec eux, cuisine végétarienne (la viande est trop chère), pour la première fois rien qu’avec les doigts (j’ai encore des progrès à faire, j’en ai foutu partout), je discute de ses projets…

La soirée se termine sur une partie de “Goats and Tigers” avec son fils. (erratum, j’avais marqué Ghosts au lieu de Goats, erreur corrigé)

bienvue chez Santos-2

bienvue chez Santos-2

La journée du lendemain fut inoubliable, mais je la garderais pour moi. J’en ai pleuré des larmes de sang, sauf que là ce n’était pas au sens figuré.